Depuis sa création à Nice en 2024, Datagreen (6 collaborateurs) reçoit le soutien de l’Imred. L’Institut méditerranéen des risques, de l’environnement et du développement durable (Université Côte d’Azur) lui a commandé deux de ses data centers vendus comme écologiques et compacts. À Marseille, le consortium Oreus en utilise également "en test pour ses besoins internes".
De précieux m2 gagnés
Mais c’est à Monaco que la start-up parvient enfin à remplir les premières lignes de son carnet de commandes auprès des entreprises, avec Telis (une centaine de collaborateurs, 17 M€ de CA), groupe spécialiste du numérique dans la Principauté depuis 25 ans.
"Nous avons déjà un data center green à Monaco, refroidi par l’eau de mer, explique Stéphane Nervi, commercial au sein du groupe monégasque. Mais en plus de l’aspect écologique, nous avons été séduits par la réduction de l’espace de stockage que permet la solution. Nous allons donc pouvoir augmenter notre capacité à répondre aux clients, avec le même espace."
Monaco, laboratoire de choix
Car en plus de rejeter 82 % de CO2 en moins, de consommer 50 % d’énergie en moins, de fonctionner sans climatisation et de permettre la réutilisation de 98 % de chaleur résiduelle, le data center de Datagreen est ultra-compact. Un argument majeur sur la Principauté où chaque mètre carré est rarissime et où l’entreprise niçoise dit mener des discussions avancées avec d’autres acteurs.
"Monaco est vraiment propice pour nous, précise Julien Choukroun, cofondateur de Datagreen. Ce peut être un bon laboratoire, à la fois pour la France et l’international. Nos produits sont vraiment conformes à tous les critères de Monaco."
Passer à l’industrialisation
Telis ne sera pas seulement un client mais aussi un partenaire qui assurera l’installation, la maintenance et l’assistance en temps réel si besoin de ces data centers made in Côte d’Azur, nous seulement à Monaco mais aussi en France. Une structure dédiée devrait voir bientôt voir le jour.
Un soutien qui devrait permettre à Datagreen d’accélérer enfin pour être à la hauteur de ses ambitions. Car après cinq années de R & D, l’entreprise veut passer à l’échelle supérieure et industrialiser ses data centers. Pour l’heure, elle s’appuie pour ce faire sur des prestataires locaux. "De plus en plus d’acteurs se disent green, reprend Julien Choukroun, mais nous, on fait toute la chaîne de A à Z. Et nous allons produire et livrer de façon qu’il n’y ait qu’à brancher pour s’en servir."
Une première levée de fonds
Ainsi la start-up est en cours de levée de fonds, menant des "discussions très poussées avec plusieurs acteurs". Elle espère atteindre les 5 millions d’euros et clôturer l’opération à la fin du premier semestre 2026.
Quant à savoir où pourra être industrialisée la fabrication, rien n’est encore acté. "Nous aimerions que ce soit en région sud, assure Julien Choukroun. Mais nous avons reçu d’autres propositions ailleurs. À terme, l’idée serait de toute façon de compter plusieurs unités".
L’international, plus réactif
En France mais aussi à l’étranger, car des demandes commencent à affluer, émanant notamment des émirats. "Ils sont très réactifs, il faut être prêts à y aller. Mais il est vrai que les choses vont plus vite ailleurs, concède le jeune dirigeant. Nous ne sommes à Monaco que depuis trois mois et déjà nous avons signé des commandes. En France, nous existons depuis un an et demi et ça prend du temps. Néanmoins, c’est comme si on avait enfin débloqué la situation, il n’y a plus de commentaires du genre "c’est trop beau pour être vrai" ! "
Tant et si vrai que la petite entreprise niçoise collabore désormais avec le CEA pour pousser encore plus loin ses innovations et ainsi "garder cette avance par rapport aux concurrents".