Re-Lion Factory, Lium, Tethys, Insitu Systems... : les start-up de la Région Sud à suivre en 2026
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Re-Lion Factory, Lium, Tethys, Insitu Systems... : les start-up de la Région Sud à suivre en 2026

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De la seconde vie des batteries au nucléaire innovant, en passant par l’IA, l’eau, le climat ou la dépollution, une nouvelle génération de start-up émerge en Région Sud. Focus sur celles à suivre en 2026, entre levées de fonds, industrialisation et ambitions internationales. Elles s’appellent Re-Lion Factory, Heeding, Hydroclimat, ou encore Prodea Depolluting.

Les cofondateurs de Re-lion Factory : Gwenaël Kervajan et Sébastien Lenzi — Photo : DR

Re-Lion Factory, la seconde vie du lithium

Basée au Rove, près de Marseille, Re-Lion Factory veut offrir une seconde vie aux batteries de trottinettes et vélos électriques. Fondée en 2020, la jeune pousse a développé un procédé pour démonter, tester et réassembler les cellules lithium-ion 18650 et 21700, jugées hors d’usage pour leur usage initial mais encore capables d’alimenter capteurs, éclairages autonomes ou signalétique. Après une phase de R & D menée avec le CEA-Liten, la production démarre dans une usine de 500 m², avec l’ambition de traiter 4 000 à 5 000 batteries par mois et de générer 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Lauréate d’une subvention européenne de 777 000 euros, la start-up finalise une levée d’1 million d’euros pour accélérer son industrialisation et prévoit une dizaine de salariés fin 2025, une trentaine d’ici trois ans. Prochaine étape : les batteries de voitures électriques.

Heeding Climate Solution lance la marketplace des carburants et énergies durables

Fondée à Sophia Antipolis fin 2024, Heeding a lancé sa marketplace de carburants et énergies durables (carburant d’aviation durable, biodiesel, biométhane, hydrogène…), pour connecter producteurs et consommateurs en B to B. La start-up adresse les entreprises de tous secteurs – transport aérien, maritime ou routier, industrie manufacturière, BTP… — pour décarboner leur activité. Ses cofondateurs, Cédric Choel et Bruno Arcaleni, ont exercé pendant plus de vingt ans dans le transport maritime et l’aéronautique, et veulent mettre leurs parcours à la fois de la tech et de l’environnement à profit. "Nous ne voulons pas casser le système ou faire de la décroissance, expliquent-ils. Qu’il y ait davantage de bateaux et d’avions, c’est le sens de l’histoire. Notre rôle est de faire en sorte que l’empreinte carbone puisse diminuer." Ils préparent une levée de fonds de 2 millions d’euros pour 2026. Heeding vise l’objectif ambitieux du milliard de tonnes de CO2 évité d’ici 2050, soit l’équivalent d’un an d’activité de l’aviation mondiale.

Cédric Choel et Bruno Arcaleni sont les cofondateurs de Heeding, créé à Sophia Antipolis fin 2024 pour offrir une solution mettant en relations producteurs et entreprises consommatrices de carburants durables — Photo : DR

Lium, la sentinelle du ciel

Basée à l’aéroport d’Avignon, la jeune pousse Lium finalise un ballon captif innovant, gonflé à l’hélium, truffé de capteurs et dopé à l’IA, capable de détecter intrusions, incendies ou fuites de gaz sur un périmètre de 3 000 hectares. Créée en 2021, la société a levé 800 000 euros fin 2024 et vise le million d’euros d’ici début 2026 pour boucler sa R & D et livrer ses premiers modèles, annoncés à 170 000 euros l’unité, dès 2026. Testé avec Orano et NaTran, l’engin peut voler un mois entier, résister à des vents supérieurs à 50 km/h et transmettre en temps réel ses données aux équipes de sécurité. Présentée comme une révolution pour la sûreté industrielle et militaire, cette solution pourrait éviter des drames, comme ceux de Lubrizol ou Beyrouth. Avec un chiffre d’affaires attendu de 200 000 euros en 2025, la start-up approche la rentabilité et se prépare à recruter.

Les deux cofondateurs de Lium, Guilain Yvon et Thomas Fattore — Photo : DR

Insitu Systems à l’assaut du monde de l’eau

Fondée en 2021 à Draguignan, Insitu Systems veut révolutionner la supervision des installations en eau. Là où les systèmes classiques sont coûteux et longs à déployer, la start-up propose des coffrets connectés « plug & play », simples à installer (30 minutes suffisent) et à utiliser. Ses premiers modèles surveillent consommation, niveaux d’eau et stations de pompage ; une quinzaine d’autres applications sont prêtes à suivre. Lauréate de plusieurs dispositifs (Bpifrance, ESA BIC Sud, Green in Med), la société a déjà convaincu la commune de Castellane et le groupe de campings Capfun. Son ambition : développer un réseau de distributeurs (Frans Bonhomme, Richardson…). Elle a structuré sa production avec l’entreprise voisine, AGIR-D2C. Insitu Systems (5 personnes) vise 10 000 boîtiers produits par an d’ici dix ans et une extension vers de nouveaux marchés comme l’agriculture et l’industrie.

L'équipe d'Insitu Systems, avec au centre, Pierre Collomb, son PDG — Photo : InSitu

Avec 105 millions d'euros levés, Adcytherix veut s'imposer comme un futur leader des anticorps conjugués

La biopharmaceutique marseillaise Adcytherix a bouclé au mois d'octobre une levée de fonds record de 105 millions d'euros, la plus importante en Europe cette année dans le domaine des anticorps conjugués (ADC). Créée il y a à peine 18 mois, la société développe de nouveaux traitements anticancéreux associant des anticorps ciblant les cellules tumorales à des agents cytotoxiques. Ce financement doit permettre à Adcytherix de faire entrer son premier candidat, ADCX-020, en phase clinique et de déposer les premières demandes réglementaires d'ici fin 2025, tout en enrichissant son portefeuille d'ADC propriétaires. Le tour de table, mené par Bpifrance, Kurma Partners, Andera Partners et Angelini Ventures, réunit des investisseurs internationaux de premier plan tels que Surveyor Capital et aMoon.

Jack Elands, directeur général et fondateur d’Adcytherix — Photo : Yud Pourdieu Le Coz

Avec son gilet climatisé, Tethys permet de travailler par fortes chaleurs

Tethys a conçu un gilet qui permet de refroidir ou réchauffer la température corporelle des salariés qui évoluent dans des conditions thermiques extrêmes, soit en dessous de 10 degrés ou au-dessus de 30 degrés. Une innovation brevetée avec laquelle la start-up née à Sophia Antipolis en 2023 a séduit GSF, ArcelorMittal, la SNCF, La Poste ou Framatome. "Notre mission est d’apporter du confort thermique", résume Giacomo Saccone, ingénieur nucléaire, fondateur et dirigeant, qui a inventé ce "dispositif de contrôle thermique personnel, une climatisation réversible intégrée à du textile." Ce gilet de 1,7 kg est fabriqué dans des entreprises adaptées basées à Toulon et à Toulouse. Giacomo Saccone s’est lancé sur fonds propres, avec l’aide de Thales, son ancien employeur, avant de recevoir le soutien de Bpifrance. Tethys compte 11 collaborateurs et vise la rentabilité début 2026. Elle prépare une levée de fonds en 2027 avant de partir à la conquête de l’Europe, via des distributeurs, puis de "débarquer dans le monde".

Fondateur et dirigeant de Tethys, Giacomo Saccone a conçu ce gilet qui rafraîchit ou réchauffe la personne qui le porte — Photo : Olivia Oreggia

Otrera, le pari nucléaire made in Aix

La start-up aixoise Otrera, issue du CEA et forte d’une vingtaine de salariés, a bouclé en fin d’année 2024 sa première levée de fonds de 2,5 millions d’euros. Lauréate du programme France 2030, elle s’appuie sur des investisseurs industriels et financiers de poids (Exergon, Audacia, Invest For The Future, CEA Investissement, NGE, ADF, Fortil…) pour accélérer le développement d’un réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium. Cette technologie, fruit de plus d’un demi-siècle de recherche en France et héritière du projet Astrid, promet de produire une énergie bas carbone compétitive et de valoriser les combustibles usés. Une deuxième levée est prévue dans les prochains mois pour soutenir les prochaines étapes de ce projet stratégique, visant à hisser Otrera au rang d’acteur très prometteur du nucléaire innovant.

Circle Safe : une innovation cardiaque made in Marseille

Circle Safe s’attaque à une complication majeure de l’ablation de la fibrillation atriale (trouble du rythme cardiaque, NDLR) : la paralysie du diaphragme. Sur une idée du cardiologue Frédéric Franceschi, l’entrepreneur Bertrand Thiery a fondé l’entreprise à Marseille en 2020 et ensemble, ils ont mis au point un dispositif médical innovant, protégé par trois brevets internationaux, qui modifie la forme du cathéter, sa méthode de stimulation et l’analyse du signal électrique. Après quatre années de R & D et une levée de 8 millions d’euros menée par Odyssée Venture et Région Sud Investissement en 2025, la medtech prépare ses dernières étapes réglementaires : la certification FDA pour un déploiement aux États-Unis fin 2025, puis le marquage CE visé au printemps 2026. Circle Safe espère conquérir rapidement un marché estimé entre 150 et 200 millions d’euros, appelé à croître fortement depuis que l’ablation est proposée en première intention. Objectif : réaliser plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires dès 2026.

Bertrand Thiery, dirigeant de Circle Safe — Photo : DR

ToumAI aide les entreprises à littéralement comprendre leurs clients

Née à Cannes en 2020, ToumAI utilise l’intelligence artificielle pour analyser les langues, y compris les plus rares. Cela a notamment séduit Orange pour améliorer l’expérience client de ses filiales en Afrique et au Moyen-Orient. "Au Maroc, les gens parlent un dialecte de l’arabe qu’ils mélangent avec du français ou de l’anglais, explique Odin Demassieux, dirigeant de la start-up cofondée avec Youcef Rahmani et Imade Benelallam. Nous leur avons permis d’analyser toutes les données vocales des échanges téléphoniques et d’en extraire le sens." Depuis les deux entreprises collaborent sur d’autres cas d’usages. ToumAI est en discussion avec des banques et des groupes de télécoms à l’international. Les entreprises françaises, notamment sur la Côte d’Azur, se montrent intéressées face à une clientèle internationale. Début 2025, la start-up de 12 collaborateurs a levé 1 million d’euros et vise un nouveau tour de table fin 2026 pour accélérer sur le plan commercial.

Odin Demassieux, dirige la start-up ToumAI qu’il a cofondée à Cannes avec Youcef Rahmani et Imade Benelallam — Photo : Olivia Oreggia

Hydroclimat cartographie le climat du futur

Anticiper sécheresses, inondations ou submersions marines à l’horizon 2100, quartier par quartier : c’est la promesse d’Hydroclimat, deeptech aubagnaise fondée en 2019 par deux chercheurs, Magali Troin et Adrien Lambert. Sa technologie de modélisation climatique et hydrologique revendique une précision de 98 % grâce à plus de 20 modèles enrichis par l’IA, contre cinq ou six en moyenne chez les concurrents. Déjà adoptée par la SNCF, Vinci ou Vicat, la solution permet aux entreprises et institutions d’anticiper leurs risques et d’adapter leurs investissements. Soutenue par une levée de fonds de 2 millions d’euros, bouclée en juin 2025 auprès du fonds CCR-F et de Région Sud Investissement, Hydroclimat veut désormais accélérer à l’international et devenir un acteur européen de référence dans la donnée climatique à haute valeur ajoutée.

Adrien Lambert et Magali Troin, les fondateurs d’Hydroclimat — Photo : Hydroclimat

Sesterce, la start-up marseillaise qui muscle l’IA française

Sesterce est une start-up marseillaise, mais c’est dans la Drôme et le Grand Est qu’elle mènera, dès 2026, ses plus gros investissements. Fondée en 2018 par Anthony Tchakerian et Youssef El Manssouri, Sesterce, qui déploie déjà une quinzaine de centres de calcul, lancera d’ici fin 2026 un data center nouvelle génération à Valence, pour un montant de 450 millions d’euros, jusqu’à 1,8 milliard d’euros en incluant les serveurs. Deux autres sites géants suivront dans le Grand Est, pour atteindre plus d’un million de GPU (unité de traitement graphique) à l’horizon 2030. Soutenue par des partenaires financiers de premier plan, Sesterce (une soixantaine de salariés pour 20 M€ de CA) entend ouvrir son capital d’ici la fin 2025 pour s’imposer comme un acteur clé du cloud computing et du supercalcul pour l’intelligence artificielle.

La varoise Prodea Depolluting au service d’un air industriel plus propre

La deeptech varoise Prodea Depolluting développe une technologie de traitement de l’air fondée sur le plasma froid, 100 % électrique, sans consommable et sans rejets toxiques. Créée fin 2020 par Béatrice Drazenovic, docteure en génie des matériaux, la start-up de Six-Fours-les-Plages (3 personnes) a conçu un réacteur DBE breveté capable de détruire les polluants de façon éco-efficace et sobre, consommant jusqu’à dix fois moins d’énergie que les systèmes existants. Soutenue par Bpifrance et déjà en phase de tests avec des industriels, Prodea a noué des partenariats stratégiques avec Hydronic (Groupe Eoliance) et l’École Nationale de Chimie de Rennes. La société vise un premier pilote industriel en 2026, avant un déploiement en France puis à l’international. Son ambition : offrir une solution de dépollution de l’air propre et adaptable, capable d’accompagner la relocalisation industrielle tout en réduisant l’empreinte atmosphérique des sites de production.

Béatrice Drazenovic a fondé la deeptech Prodea Depolluting — Photo : Prodea

DataGreen rend les data centers compacts et écoresponsables

Lauréate Scale-Up Excellence de la French Tech Côte d’Azur, DataGreen (12 salariés, en plus des 6 fondateurs) est une filiale de l’entreprise niçoise Netsooon.ai, spécialiste de l’intelligence artificielle, née en 2024. Elle développe des data centers moins polluants et énergivores, et plus compacts que ceux existants. "Nous réduisons les émissions de carbone de 82 %, assure Benjamin Barthélémy, son cofondateur. Nous utilisons 50 à 75 % d’énergie en moins car nous n’utilisons pas d’air conditionné. Dans nos boîtiers scellés, c’est un liquide qui permet de refroidir. Nous récupérons par ailleurs 98 % de la chaleur résiduelle qui peut servir à chauffer un bâtiment." Auréolés de trois brevets, ces data centers sont par ailleurs constitués à 70 % de matériaux recyclables et les soudures sont réalisées à partir d’aluminium, non de cuivre. Des experts en matériaux, passés par Airbus ou Volkswagen-Audi, ont été recrutés spécialement. De la tech verte, à impact, qui a trouvé ses premiers clients en Autriche.

De gauche à droite : Karim Abed-Abbas, Benjamin Barthélémy et Martin Schechtner sont trois des cofondateurs de Datagreen, filiale de Netsooon.ai — Photo : Netsooon.ai

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