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Re-Lion Factory va industrialiser la seconde vie des batteries électriques
Bouches-du-Rhône # Gestion des déchets et recyclage # Transition écologique

Re-Lion Factory va industrialiser la seconde vie des batteries électriques

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La start-up Re-Lion Factory, basée dans les Bouches-du-Rhône, se met en ordre de marche pour proposer sur le marché des cellules lithium-ion issues de trottinettes et vélos électriques qui étaient destinées, théoriquement, à finir leur existence au recyclage. Après une période de recherche et développement, la phase de production commence progressivement dans l’usine de 500 m².

Les cofondateurs de Re-lion Factory : Gwenaël Kervajan et Sébastien Lenzi — Photo : DR

Et si les batteries au lithium usagées, destinées à mourir de leur belle mort, pouvaient retrouver un second souffle et voir leur vie être prolongée pour un usage un peu moins intense, mais tout aussi utile, que lors de leur première existence ? C’est le challenge, un peu fou, que s’est lancé la start-up Re-Lion Factory, fondée en 2020. Cette entreprise, implantée au Rove, dans les Bouches-du-Rhône assure avoir trouvé la solution pour réutiliser les cellules de format 18650 et 21700 (des sortes de piles cylindriques) qui composent ces batteries. Le potentiel est très prometteur.

"Nous récupérons les cellules des batteries, les testons individuellement et les remontons"

"Nous démantelons des batteries sur les trottinettes et les vélos, nous récupérons les cellules, les testons individuellement et remontons des batteries qui pourront, par exemple, servir à alimenter des capteurs de qualité de l’air, de l’éclairage autonome urbain ou de la signalétique", résume Gwenaël Kervajan, cofondateur de la société avec Sébastien Lenzi. "Ces cellules sont comme des sportives de haut niveau, faites pour courir des sprints. On les jette quand elles ne peuvent plus fournir cet effort, alors qu’elles peuvent servir à des besoins plus doux", ajoute-t-il.

Si le principe paraît simple sur le papier, l’affaire est en réalité complexe et a nécessité un gros travail de recherche et développement en collaboration avec Liten, le laboratoire du CEA de Grenoble. "La difficulté, c’est de gérer leur hétérogénéité car elles ne viennent pas du même objet et n’ont pas vécu la même vie, détaille le dirigeant. Mais on peut les assembler en série et en parallèle. En fait, on joue au Lego."

Levée de fonds en cours

Avec cette ambitieuse idée qui pourrait lever une belle épine du pied au casse-tête environnemental du recyclage de produits importés massivement d’Asie, Re-Lion Factory a récemment obtenu une subvention européenne de 777 000 euros au titre du Fonds pour une transition juste. Une autre levée de fonds d’un peu plus d’un million d’euros est en cours de concrétisation. Celle-ci devrait permettre d’activer des financements de Bpifrance pour la R & D.

"On espère compter une dizaine de salariés, fin 2025, pour arriver à une trentaine d’ici à trois ans"

Objectif : lancer l’industrialisation dans le local de 500 m², un ancien atelier de réparation de poids lourds. Les premières machines capables de faire un check-up complet des cellules usagées étaient en cours de branchement sur le système d’information maison en mai. "On continue de faire des choses à la main, dans les semaines à venir on va accélérer la cadence, on espère compter une dizaine de salariés, fin 2025, pour arriver à une trentaine d’ici à trois ans en développant aussi un volet social avec des personnels d’Esat ou pénitentiaires", confie le responsable.

Démanteler 5 000 batteries de vélos et trottinettes par mois

À terme, l’objectif est de générer sur le site des Bouches-du-Rhône environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires et de démanteler 4 000 à 5 000 batteries de vélos et trottinettes par mois. Ce qui représenterait une tonne par jour, "un volume pas trop ambitieux par rapport au gisement", estime l’entreprise qui veut faire de ces cellules, traçables grâce à un code-barres, "un nouveau consommable". Pour l’approvisionnement, la startup travaille de concert avec l’éco-organisme, en charge de la collecte des piles et batteries, Batribox.

Bientôt les batteries de voitures électriques ?

Re-Lion Factory a un autre projet dans les cartons : s’attaquer, sur le même principe, aux batteries de voitures électriques dont la fin de vie va devenir, dans les années à venir, un enjeu de taille. Une manière pour l’entreprise de s’inscrire encore plus dans l’économie circulaire et la transition écologique. "On mise à fond sur la carte de l’écosystème régional en Paca et on peut aussi faire un pôle européen de la batterie de seconde vie, dit Gwenaël Kervajan. La pratique est en ébullition, c’est le bon moment, mais il ne faut pas traîner car les places européennes se jouent maintenant."

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