C'est un étonnant, mais redoutable, agent de surveillance que finit de mettre au point la société avignonnaise Lium. Gonflé à l'hélium, doté d'une caméra et de capteurs, nourri à l'IA, son ballon captif pourrait très bientôt bousculer le monde de la sûreté et de la sécurité, en particulier sur les sites industriels sensibles, type Seveso, ou militaires.
1 million d'euros attendu
D'ici à la fin de l'année, la jeune entreprise créée lors de la crise sanitaire du Covid en 2021 devrait, en effet, être en mesure de commercialiser ses premiers modèles, espère le PDG Guilain Yvon, cofondateur avec Thomas Fattore. Après une levée de fonds de 800 000 euros en décembre dernier, Lium en a relancé une deuxième dans la dernière ligne droite. "Au total ce sera autour du million d'euros, 300 000 à 500 000 fin août en equity et le reste en janvier 2026. Cela nous permettra de finir la R & D et de produire et livrer de manière conséquente", souligne le dirigeant qui assure avoir de nombreux prospects prêts à acquérir entre 1 et 100 ballons au coût unitaire de 170 000 euros.
Anti-accidents industriels ?
En attendant cette échéance, Lium peaufine les derniers détails d'un engin qui sera autonome grâce au fil qui le rattache au sol et permet de le brancher électriquement. "Une révolution technologique", assure le patron. Des tests ont été effectués avec Orano (combustible nucléaire) et NaTran (leader européen du transport du gaz). "À 100 mètres de hauteur, il est doté de moteurs qui, contrairement aux drones, le rendent capable de résister à des vents supérieurs à 50 km/h", détaille-t-il. Le ballon captif, configuré pour "détecter une plaque à trois kilomètres et rester en vol jusqu'à un mois consécutif" envoie les informations en temps réel sur les écrans agents de sécurité. Utile pour mettre à jour des intrusions, un incendie ou une fuite de gaz et ainsi peut-être éviter des catastrophes industrielles comme l'explosion au port de Beyrouth en 2020 ou le sinistre dans l'usine de produits chimiques Lubrizol à Rouen l'année d'après, plaide le dirigeant.
La rentabilité en vue
La start-up mise logiquement sur un avenir prometteur alors que le déploiement sur le terrain approche dès l'an prochain. Au récent salon mondial des nouvelles technologies Vivatech, les responsables ont "pitché aux stands suisse et allemand" et reçu "beaucoup de demandes d'investisseurs". Reste maintenant à assurer le développement économique d'une entreprise qui a réalisé 60 000 euros de chiffre d'affaires en 2024 et vise environ 200 000 euros pour cet exercice. "À 300 000 euros de chiffre d'affaires, nous serons rentables", précise Guilain Yvon. Le recrutement devrait lui aussi suivre le mouvement avec deux nouveaux ingénieurs qui rejoindront prochainement l'équipe de cinq personnes. Une étape de plus, avant l'envol attendu.