La Compagnie des Amandes muscle la filière française avec sa casserie de Brignoles
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La Compagnie des Amandes muscle la filière française avec sa casserie de Brignoles

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Avec l’inauguration de sa casserie à Brignoles, la Compagnie des Amandes franchit une nouvelle étape dans la structuration d’une filière française encore atomisée. L’entreprise aixoise, qui fédère producteurs et partenaires industriels autour d’une offre Made in France, accélère désormais son développement commercial.

La Compagnie des Amandes a inauguré sa casserie à Brignoles (Var) au mois d'avril 2026 — Photo : Compagnie des amandes

Après avoir fédéré des producteurs autour de son projet, la Compagnie des Amandes (9 salariés) franchit une nouvelle étape avec l’inauguration de sa casserie dans le Var. Un outil industriel qui doit lui permettre d’accélérer son développement commercial.

Un outil industriel pour structurer la filière

Dans une filière encore peu structurée, qui compte plus de 1 000 petits producteurs, "il manquait un acteur capable d’agréger l’offre et d’assurer une traçabilité complète des flux, de la réception au tri puis au stockage", assure François Moulias, le directeur général. La casserie est un maillon essentiel. Initialement envisagée à Signes, la casserie aurait nécessité la construction d’un bâtiment neuf. Elle a finalement vu le jour à Brignoles. "Nous louons un bâtiment neuf dans lequel nous avons investi 2 millions d’euros pour y réaliser les aménagements nécessaires au respect de la marche en avant et l’équiper en machines", explique François Moulias, qui a fondé l’entreprise avec Arnaud Montebourg.

Une première ligne fonctionne déjà avec deux salariés permanents. L’installation d’une seconde ligne, qui mobilisera huit personnes supplémentaires, portera la capacité théorique maximale à 3 000 tonnes par an. "Notre objectif à horizon 2032, lorsque nos vergers auront atteint leur rendement maximum, est de casser 1 700 tonnes d’amandons (fruit décortiqué, NDLR)", souligne le dirigeant, avant d’ajouter qu’il pense en faire davantage.

La casserie existe pour servir les agriculteurs associés qui, réunis, représentent 230 hectares dans les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse, l’Hérault et l’Aude, soit "le premier producteur français d’amandes". Elle existe aussi pour servir la filière. "70 % des volumes actuels à la casserie proviennent de producteurs indépendants situés sur le pourtour méditerranéen, représentant environ 400 hectares, avec lesquels des contrats pluriannuels ont été conclus."

4 millions d’euros de chiffre d’affaires visés en 2026

La Compagnie des amandes vise les marchés de l'amande de bouche et de la transformation. Elle valorise aussi toutes les amandes trop petites ou abîmées ainsi que les coques. — Photo : Compagnie des amandes

Depuis la mise en service de la casserie fin 2025, les amandes de la société n’ont pas tardé à trouver des débouchés sur un marché en croissance. "De 2018 à 2025, le tonnage importé est passé de 40 000 à 51 000 tonnes d’amandes selon les douanes", confie François Moulias. Sur un marché dominé par des productions étrangères, la Compagnie des Amandes joue la carte du Made in France. Elle vise les 4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, dont une part est assurée par la prestation de casse et l’autre par la distribution. Sur le marché des amandes de bouche, l’entreprise aixoise travaille déjà en marque blanche avec Grand Frais, les magasins U et Carrefour. Elle commercialise également des sachets sous sa propre marque ainsi que des amandes en vrac en épicerie. "Des discussions sont engagées avec Auchan et ont été reprises avec Leclerc", ajoute l’entrepreneur. L’autre marché, plus important en volume et en valeur, sur lequel la compagnie prend position est celui de la transformation. "Cela demande plus de temps pour percer, mais les débouchés sont considérables. Des chocolatiers comme l’artiste-sculpteur François Roger, le chef Julien Dechenaud ou plusieurs Meilleurs ouvriers de France nous font déjà confiance. C’est aussi le cas de nougatiers, comme la Maison Jonquier dans le Var ou Chabert et Guillot, ainsi que de fabricants de dragées ou de macarons", détaille-t-il.

Une valorisation totale de l’amande

Enfin, la Compagnie des Amandes, labellisée ESUS, valorise tous les coproduits : amandes trop petites ou abîmées pour faire de la pâte ou des huiles, coques pour créer des abrasifs, des sols d’aires de jeux ou alimenter des unités de méthanisation. "Nous valorisons tout et travaillons même sur un emballage alimentaire à base de coques", ajoute François Moulias. Une logique de valorisation intégrale que l’entreprise présente comme un modèle économique vertueux pour la filière comme pour l’environnement.

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