Depuis le mois de février, Paysan Breton commercialise sous sa marque une gamme de trois fromages blancs et quatre yaourts. La marque du groupe finistérien Even (6 410 salariés, 302 M€ de CA), connue pour son beurre, signe là son entrée sur le marché de l’ultra-frais, "un univers extrêmement concurrentiel (900 références en hypermarché, 500 en supermarché), ponctué d’innovations permanentes", dépeint Marie-Paule Pouliquen, directrice marketing de Paysan Breton.
"Cela représente 99 % des consommateurs. C’est dix fois la taille du marché du beurre ! En tant qu’entreprise laitière, c’est normal de s’y intéresser… Paysan Breton pourra ainsi accompagner ses clients du petit-déjeuner jusqu’au dîner."
D’autant que le marché est porteur : 1,4 million de tonnes vendues en 2025 soit une croissance de 1,6 %. Fidèles à l’ADN de la marque, les produits sont garantis sans additifs ni conservateurs. Les pots sont en carton, afin de diminuer la production de déchets.
Un objectif de plus de 1 000 tonnes annuel
Paysan Breton a opté pour les pots au format familial, équivalents à quatre ou six portions (400 à 800 g pour les fromages blancs, 500 à 750 g pour les yaourts), dans un segment dominé par les portions individuelles. "L’objectif est de favoriser le partage, de proposer des moments de convivialité", ambitionne Marie-Paule Pouliquen, qui vise un positionnement cœur de marché. "Nous n’avons pas vocation à rivaliser avec les premiers prix. Et nous souhaitons également une rémunération juste pour les agriculteurs", explique-t-elle. Pour cette année de lancement, l’objectif de 1 000-1 500 tonnes est visé.
Au-delà de se faire une place dans l’ultra-frais, après deux ans de R & D, l’autre défi pour Paysan Breton consiste à dénicher des ingrédients français. "Il faut trouver des filières, les sécuriser… Ça demande du temps et pas mal d’efforts", éclaire Marie-Paule Pouliquen. "Le sucre de canne vient de l’île de la Réunion, par exemple." 200 000 € ont par ailleurs été investis dans une nouvelle conditionneuse afin de réaliser ce lancement.
Des performances au rendez-vous
Paysan Breton affiche un chiffre d’affaires de 440 millions d’euros en 2025, en hausse de 7,5 % sur un an. "Nous sommes parmi le top 30 des marques les plus achetées en France, 50 % de la population nous achète", se réjouit la directrice marketing.
Sur un marché du beurre en ralentissement (-2 % de volumes en 2025), Paysan Breton tire son épingle du jeu avec 12,1 % de parts de marché (+ 5,1 % en volume en 2025). Concernant le marché du fromage à tartiner, la gamme Madame Loïk s’est écoulée à 7,3 tonnes en 2025 (sur les 44 000 tonnes du marché), soit 16,5 % de parts de marché. Leur nombre a été multiplié par quatre en 10 ans. Les laits fermentés, eux, se taillent 20,8 % des parts du marché pour 3,2 tonnes écoulées en 2025 sur les 15,4 tonnes du secteur.
"Le consommateur croit aux valeurs que nous véhiculons : circuit court, recettes simples et authentiques", explique Marie-Paule Pouliquen.