Paysan Breton veut se faire une place dans l’ultra-frais et lance une gamme de fromages blancs et de yaourts
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Paysan Breton veut se faire une place dans l’ultra-frais et lance une gamme de fromages blancs et de yaourts

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Paysan Breton lance la commercialisation d’une gamme de fromages blancs et de yaourts. En s’attaquant au marché de l’ultra-frais, hyperconcurrentiel, la marque phare du groupe finistérien Even espère accompagner ses consommateurs tout au long de la journée grâce à des recettes sans conservateurs, composées d’ingrédients français.

Les représentants de Paysan Breton sont venus présenter leur nouvelle gamme de fromages blancs et de yaourts le 5 mai 2026 à Ploudaniel — Photo : Jonathan Konitz

Depuis le mois de février, Paysan Breton commercialise sous sa marque une gamme de trois fromages blancs et quatre yaourts. La marque du groupe finistérien Even (6 410 salariés, 302 M€ de CA), connue pour son beurre, signe là son entrée sur le marché de l’ultra-frais, "un univers extrêmement concurrentiel (900 références en hypermarché, 500 en supermarché), ponctué d’innovations permanentes", dépeint Marie-Paule Pouliquen, directrice marketing de Paysan Breton.

"Cela représente 99 % des consommateurs. C’est dix fois la taille du marché du beurre ! En tant qu’entreprise laitière, c’est normal de s’y intéresser… Paysan Breton pourra ainsi accompagner ses clients du petit-déjeuner jusqu’au dîner."

D’autant que le marché est porteur : 1,4 million de tonnes vendues en 2025 soit une croissance de 1,6 %. Fidèles à l’ADN de la marque, les produits sont garantis sans additifs ni conservateurs. Les pots sont en carton, afin de diminuer la production de déchets.

Un objectif de plus de 1 000 tonnes annuel

Paysan Breton a opté pour les pots au format familial, équivalents à quatre ou six portions (400 à 800 g pour les fromages blancs, 500 à 750 g pour les yaourts), dans un segment dominé par les portions individuelles. "L’objectif est de favoriser le partage, de proposer des moments de convivialité", ambitionne Marie-Paule Pouliquen, qui vise un positionnement cœur de marché. "Nous n’avons pas vocation à rivaliser avec les premiers prix. Et nous souhaitons également une rémunération juste pour les agriculteurs", explique-t-elle. Pour cette année de lancement, l’objectif de 1 000-1 500 tonnes est visé.

Au-delà de se faire une place dans l’ultra-frais, après deux ans de R & D, l’autre défi pour Paysan Breton consiste à dénicher des ingrédients français. "Il faut trouver des filières, les sécuriser… Ça demande du temps et pas mal d’efforts", éclaire Marie-Paule Pouliquen. "Le sucre de canne vient de l’île de la Réunion, par exemple." 200 000 € ont par ailleurs été investis dans une nouvelle conditionneuse afin de réaliser ce lancement.

Des performances au rendez-vous

Paysan Breton affiche un chiffre d’affaires de 440 millions d’euros en 2025, en hausse de 7,5 % sur un an. "Nous sommes parmi le top 30 des marques les plus achetées en France, 50 % de la population nous achète", se réjouit la directrice marketing.

Sur un marché du beurre en ralentissement (-2 % de volumes en 2025), Paysan Breton tire son épingle du jeu avec 12,1 % de parts de marché (+ 5,1 % en volume en 2025). Concernant le marché du fromage à tartiner, la gamme Madame Loïk s’est écoulée à 7,3 tonnes en 2025 (sur les 44 000 tonnes du marché), soit 16,5 % de parts de marché. Leur nombre a été multiplié par quatre en 10 ans. Les laits fermentés, eux, se taillent 20,8 % des parts du marché pour 3,2 tonnes écoulées en 2025 sur les 15,4 tonnes du secteur.

"Le consommateur croit aux valeurs que nous véhiculons : circuit court, recettes simples et authentiques", explique Marie-Paule Pouliquen.

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