D’abord développés en interne, les data centers - ou centre de données - écologiques de l’entreprise technologique niçoise Netsooon.ai, spécialiste de l’intelligence artificielle, viennent de donner naissance à une filiale 100 % dédiée : Datagreen.
10 m2 à peine pour un même stockage
Soutenue par la métropole niçoise et la région Sud, celle-ci se prépare à installer le premier du genre en France, au sein de l’Imredd, l’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du Développement Durable, à Nice. "Nous n’aurons besoin que de 10 m2 seulement pour ce qui est normalement hébergé sur 600 à 1 000 m2, assure Benjamin Barthélémy, son cofondateur. Ce pourrait être idéal sur le port de Marseille par exemple où les gros projets de data centers se succèdent et prennent beaucoup de place. "
Pollution mondiale
Un data center, c’est un peu la face cachée de l’activité informatique mondiale et de l’utilisation massive d’Internet. Le numérique n'est pas vraiment virtuel, il se matérialise par de grands centres qui poussent comme des champignons et tournent à plein régime 24 heures sur 24 pour stocker toutes nos données. Indispensables donc mais pas sans conséquences.
"Nous récupérons 98 % de la chaleur résiduelle."
Selon l’Agence internationale de l’énergie, ils consomment en effet près de 1,5 % de l’électricité mondiale. Un chiffre qui pourrait atteindre 10 % en 2030 malgré les efforts et améliorations consentis. Sans compter les émissions de gaz à effet de serre qui seraient de 3 à 4 %.
Plus besoin de climatisation
Dans ce contexte, Datagreen a cravaché sur sa R & D, pour avoir un véritable impact écologique. "Nous réduisons les émissions de carbone de 82 %, reprend Benjamin Barthélémy. Nous utilisons 50 à 75 % d’énergie en moins. Il n’y a pas d’air conditionné dans nos data centers. Dans nos boîtiers scellés, c’est un liquide qui permet de refroidir. Nous récupérons par ailleurs 98 % de la chaleur résiduelle qui peut servir à chauffer un bâtiment, une piscine, un hôtel…"
Auréolés de trois brevets et agrémentés d’IA, ces data centers "verts" sont par ailleurs constitués de 70 % des matériaux recyclables. Les soudures sont réalisées à partir d’aluminium, non de cuivre. Des experts en matériaux, passés par Airbus ou Volkswagen-Audi, ont été recrutés spécialement (l’entreprise compte 12 salariés, en plus des 6 fondateurs).
Premiers clients en Autriche
C’est en Autriche que se trouvent les premiers clients séduits par ce verdissement technologique, parmi lesquels "le plus grand opérateur télécoms du pays, explique le dirigeant. Nous reconditionnons leurs data centers existants. Nous avons signé un contrat sur 4 ans de 2 millions d’euros. Nos clients aujourd’hui sont répartis sur l’Autriche, l’Allemagne et la Suisse."
C’est là-bas aussi qu’a été bouclée la levée de fonds de Netsooon.ai, la maison mère (2,4 millions d‘euros avec la compagnie d’électricité générale Wien Energie et des investisseurs privés pour financer la R & D et la preuve de concept). Là-bas encore que se trouve l’unité de production et d’assemblage des data centers. En attendant la France. "D’ici novembre, il nous en faut une ici, dans la région." Datagreen veut aller vite pour pénétrer fin 2025, le marché américain.