Pour relancer un secteur atone, le gouvernement a présenté un plan de sauvetage du logement, le 23 janvier. L’objectif est de produire un total de 2 millions de logements d’ici 2030, soit 400 000 par an. Dès 2026, le gouvernement vise les 50 000 logements locatifs construits dans le parc privé et 125 000 dans le parc social. À ces chiffres s’ajoutent les logements privés construits pour l’accession à la propriété. Pour atteindre cet objectif, deux dispositifs financiers sont annoncés en parallèle.
Plus de moyens de pour le logement social
Le premier est dédié au logement social avec "500 millions d’euros supplémentaires pour 700 bailleurs sociaux". Ce montant correspond à une diminution de la "Réduction de loyer de solidarité" (RLS), un dispositif créé par la loi de finances pour 2018.
La RLS est une réduction de loyer appliquée aux locataires d’un logement social dont les ressources sont situées sous un certain niveau. Cette réduction de loyer est en fait supportée par les bailleurs sociaux et atteignait 1,1 milliard d’euros en 2025, contre 1,3 milliard d’euros initialement prévu. Son montant ayant déjà été diminué l'an dernier.
Cette mesure "donnera encore plus de souffle aux bailleurs sociaux qui retrouvent progressivement des capacités d’investissement tant en neuf qu’en rénovation", a réagi l’Alliance pour le logement, qui rassemble 10 organisations du secteur dont la Fédération française du bâtiment, la Fédération des promoteurs immobiliers, l’Union sociale pour l’habitat ou encore la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim).
Un nouveau dispositif fiscal pour relancer l’investissement locatif
Le gouvernement annonce aussi la création du dispositif fiscal "Relance logement" qui reprend le statut de bailleur privé voulu par les organisations professionnelles du secteur. Son objectif est de "mobiliser l’épargne des Français pour la construction de logements dans le parc privé", indique le gouvernement dans un communiqué.
Cet avantage fiscal peut concerner tous les ménages faisant l'acquisition d'un logement neuf ou ancien pour le louer, quelle que soit sa localisation. Il permet de déduire de ses revenus locatifs une partie du prix d'achat du bien et l'intégralité des charges liées à la location.
L’Alliance pour le logement salue là aussi la mesure qui permettra de "produire le choc de confiance nécessaire à la relance attendue, en neuf, avec la mise sur le marché de plusieurs dizaines de milliers de logements locatifs supplémentaires par an".
330 000 permis de construire accordés en 2024
L’objectif annoncé de 400 000 logements est ambitieux. En 2024, seulement 282 500 logements individuels et collectifs ont été construits et 330 400 permis de construire délivrés, selon les statistiques du ministère chargé du logement. Ces chiffres sont en baisse régulière depuis plusieurs années.
Pour 2025, les résultats ne sont pas encore connus. Mais de décembre 2024 à novembre 2025, le service statistique du ministère du logement annonce 272 700 logements mis en chantier (-22,2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années) et 378 800 logements permis de construire délivrés (-9,5 %).
Accélérer l’augmentation des permis de construire
Pour atteindre l’objectif de 400 000 logements par an, des mesures administratives sont également prévues. Le gouvernement cite "la simplification du droit" en matière de construction et d’urbanisme ou encore "l’accélération de la transformation du tertiaire vers le résidentiel".
Les maires pourront aussi "accélérer les projets" s’ils le souhaitent dans des "zones à bâtir d’urgence". Ces territoires pourront alors bénéficier de dérogations aux normes pour "faciliter et accélérer la construction". À condition que cette mesure trouve preneur à l’approche des élections municipales, un moment généralement peu propice pour la construction de logements.