Les prix de l’immobilier de montagne sont globalement en hausse sur cinq ans, bien au-delà de ceux du résidentiel classique. Selon une étude publiée par SeLoger, concernant 100 stations de skis françaises, les prix sont même en très forte hausse dans certains massifs dont le Jura et les Pyrénées.
Sur un an, les prix augmentent de 4,1 % dans les Pyrénées et de 3,9 % dans le Jura. Mais la hausse est bien plus élevée sur le long terme avec une augmentation de 22,9 % sur cinq ans dans le Jura et de 18,1 % dans les Pyrénées.
Au mètre carré, les prix sont portés par les Alpes du Nord, qui demeure le massif le plus cher de France. Les stations les plus coûteuses sont Courchevel (14 190 €/m²), Val d'Isère (13 028 €/m²) et Megève (11 653 €/m²), qui incarnent le segment "très haut de gamme" du marché.
Hors des Alpes, les marchés sont plus accessibles, même si les prix sont fortement contrastés selon les massifs. "Dans les Vosges, Le Lac Blanc s’impose comme la station la moins chère de France, avec un prix hybride de 1 212 €/m²", selon l’étude.
Un marché qui trace "sa propre trajectoire"
Tous massifs confondus, les prix baissent sur un an (-0,4 %) mais sur cinq ans, ils augmentent de 18,1 %. C’est bien plus que le marché résidentiel classique, en hausse de 9 % sur cette même période. D’après SeLoger, l’immobilier de montagne "continue de tracer sa propre trajectoire, distincte de celle du marché résidentiel classique".
Une étude de la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) portant sur 370 stations précise que le marché reste attractif mais s’est corrigé ces derniers mois, notamment sur les prix. "Après une envolée spectaculaire de + 28 % entre juillet 2020 et avril 2023, due à l’attrait des résidences secondaires, une légère correction est observée sur les 18 derniers mois (-3 %)".
Le changement climatique impacte le marché immobilier
La Fnaim relève que les prix des logements sont plus élevés dans les stations que dans les communes de montagne. L’écart atteint 37 % dans les Alpes du Nord et 25 % dans les Pyrénées. Les stations de haute altitude sont en position "dominante", car elles attirent les acheteurs "à la recherche de garanties d’enneigement".
Le changement climatique appuie également cette tendance car il "menace l’activité des stations de ski à basse altitude". Certaines stations pourront "se réinventer" mais ces solutions "n’inverseront pas la tendance", selon la Fnaim.
Des stations prennent déjà en main leur adaptation, comme Tignes qui va consacrer 15 millions d’euros à la diversification de ses activités. À très grande échelle, et pour l’ensemble des territoires de montagne, la Caisse des dépôts a également annoncé un plan à 6 milliards d’euros pour l’accompagnement face au changement climatique.