Depuis ce mois de septembre, les Marseillais peuvent acheter les paniers de fruits et légumes PimpUp. Cette nouvelle zone de distribution, la troisième après Montpellier et Toulouse, va doubler le potentiel de clients de la start-up, qui connaît déjà une forte croissance. Cette plateforme valorise des produits déclassés donc non commercialisés par leurs producteurs. L’entreprise, créée en février 2021 à Montpellier par deux étudiantes en école d’ingénieurs, emploie aujourd’hui douze personnes, et a affiché un chiffre d’affaires de 600 000 euros en 2023, quatre fois supérieur à 2022.
Un réseau de 170 points relais
Le schéma fonctionne. Plus de 150 producteurs, à 80 % du sud de la France, approvisionnent les sites de conditionnement dans chacune des villes. Les paniers sont réalisés par des sous-traitants, deux associations d’insertion à Montpellier (Croix-Rouge Insertion) et Marseille (Andes), et une entreprise partenaire à Toulouse (Mon panier de campagne). Ils sont ensuite livrés dans des points relais par le groupe La Poste. Ces 170 points relais, qui diffèrent des réseaux privés classiques, ont été montés dans l’esprit de proximité et de convivialité cher à PimpUp : boulangeries, boucheries, mais aussi bibliothèques ou particuliers.
Vers un magasin en ligne
Jusqu’à présent, "nous avons plutôt dû nous adapter pour suivre notre croissance, nous n’avons pas eu à la pousser", constate Manon Pagnucco, cofondatrice de la start-up avec Anaïs Lacombe. Mais l’entreprise atteint un palier : cette fois, les ambitions de développement nécessitent des moyens. PimpUp vient d’achever sa première levée de fonds auprès d’acteurs privés (montant encore confidentiel) et via un financement participatif de 440 000 euros. L’apport servira au développement territorial, mais aussi à la création d’une offre pour les entreprises. Certaines servent déjà de point relais pour leurs salariés. Une offre dédiée, avec des services supplémentaires, est actuellement testée dans une vingtaine d’entreprises et va être déployée au cours des prochains mois.
Enfin, le projet majeur du moment consiste à modifier l’offre pour passer du panier classique (non personnalisable par le consommateur) à un magasin en ligne où chacun commande selon ses besoins, avec un objectif de 200 références. Un virage qui nécessitera des investissements et une réorganisation de la logistique.
Toute la France en 2026
Les bases de la croissance sont désormais solidement posées. "Nous avons ouvert 23 villes dans nos deux premières zones". La méthode est acquise, les outils sont en place, un ensemble maîtrisé par ces deux jeunes femmes formées à l’ingénierie de projet et à la data. "Nous n’ouvrons une nouvelle ville que lorsque l’activité est bien installée dans les précédentes. D’ici 2026, PimpUp sera présent dans les principales métropoles de France : Lyon, Bordeaux, Strasbourg…", affirme Manon Pagnucco. Paris viendra dans un deuxième temps, puis encore après, l’international. L’objectif affiché est d’atteindre la rentabilité dans moins de deux ans. PimpUp estime avoir sauvé du gaspillage plus de 400 tonnes de nourriture à ce jour.