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La start-up nantaise Gensensor commercialisera son robot dédié à la bioproduction l’année prochaine
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La start-up nantaise Gensensor commercialisera son robot dédié à la bioproduction l’année prochaine

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Fondée en 2021, Gensensor développe un robot qui récolte et analyse les cellules au sein des réacteurs de bioproduction. L’objectif est de pouvoir suivre plus en détail, au cœur même des réacteurs, les différentes étapes de production des biothérapies. Une première version de ce robot devrait être commercialisée l’année prochaine.

Charles Hébert et Jean-Marie Charpin, co-fondateurs de Gensensor, souhaitent conquérir rapidement les États-Unis — Photo : Benjamin Robert

Votre mission, si vous l’acceptez, faire émerger les biomédicaments pour le plus grand nombre. C’est le cap fixé pour le nantais Gensensor, entreprise à mission fondée en 2021. Et le défi est de taille : l’un d’eux, le Zolgensma développé par Novartis, faisait déjà polémique en 2019. À deux millions d’euros l’injection, ce médicament devenait le traitement le plus cher du monde. Si tous les traitements à base de biothérapies ne sont pas aussi onéreux, ils restent les médicaments les plus coûteux sur le marché pharmaceutique. Or, avec la matière vivante, il ne suffit pas d’un réacteur deux fois plus grand pour produire deux fois plus et faire des économies d’échelle. "Les cellules ne respectent pas les mêmes principes de fabrication que des molécules chimiques plus classiques", précise Charles Hébert, directeur général et co-fondateur de Gensensor.

Une levée de fonds déjà réalisée

L’entreprise a mis au point un robot capable de prélever les cellules au sein du réacteur durant leur multiplication, afin de les analyser. "L’idée est de mieux comprendre ce qui se passe au sein des réacteurs", témoigne Jean-Marie Charpin, président et co-fondateur de Gensensor. Après avoir levé deux millions d’euros en 2022 auprès de GO Capital, Sodero Gestion et Bpifrance, Gensensor a pu recruter, et équiper son laboratoire. Aujourd’hui, l’entreprise de 15 personnes entrevoit une commercialisation d’un premier modèle l’année prochaine.

Analyser les brins d’ARN messager

Chez les fabricants de biomédicaments (appelés CDMO, pour Contract Development Manufacturing Organisations), les réacteurs sont souvent déjà équipés de capteurs. Ils mesurent ainsi le pH, la température, ou encore le taux d’oxygénation dans la cuve. "Ces indicateurs permettent de suivre finement une réaction chimique, mais pas l’évolution d’un groupe de cellules", explique Charles Hébert. L’échantillonnage du robot de Gensensor permettra aux CDMO de lister les brins d’ARN messager dans les cellules, d’analyser le stress cellulaire, ou encore de vérifier si les protéines souhaitées sont bien présentes.

Cibler les fabricants de biomédicaments

"Notre cible principale de clients sera les CDMO. Cela leur permettra de fournir aux biotechs des données plus qualitatives sur les thérapies cellulaires produites, pour qu’ensuite les biotechs les améliorent, et les rendent potentiellement plus productives", poursuit le directeur général.

Un tour de table de plus de 10 millions d’euros envisagée

Des CDMO ont déjà montré leur intérêt pour le robot de Gensensor. C’est le cas du nantais Naobios, qui produit des médicaments expérimentaux à base de virus. Ce dernier testera le robot au sein de ses installations. "Une fois que nous aurons la preuve de l’attractivité du marché, avec une dizaine de robots installés dans les centres européens, nous accélérerons notre commercialisation, notamment vers les États-Unis, qui représente la moitié du marché mondial", témoigne Jean-Marie Charpin.

Cet objectif nécessitera des investissements, et l’entreprise ambitionne aujourd’hui de boucler un tour de table de plus de 10 millions d’euros. "Cette levée de fonds permettra aussi de fabriquer notre robot en interne, plutôt que d’externaliser la production en Asie", note le président.

Relocaliser la bioproduction en France

Car si la mission affichée de Gensensor est bien de rendre les biothérapies accessibles à tous, une des missions connexes sera de relocaliser la bioproduction en France. Et ainsi garantir une souveraineté sur ces futurs médicaments.

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