En Mayenne, Bel sourit. Sa fromagerie vient d’être labellisée "Vitrine industrie du futur". Il s’agit de la première usine d’un grand groupe agroalimentaire à obtenir cette reconnaissance, vante le groupe francilien (3,83 Md€ de CA en 2025, 11 000 collaborateurs, 60 filiales, 29 sites de production dans le monde). Le label est porté par l’Alliance Industrie du Futur, créée en 2015, qui coordonne et organise les initiatives novatrices, s’appuyant sur les réseaux des collectivités territoriales dont en premier lieu les Régions, les CCI et les pôles de compétitivité.
La fromagerie d’Évron (680 salariés en CDI) est le centre de référence du groupe laitier pour la production des Mini Babybel. L’usine en produit 1,4 milliard d’unités par an, ce qui représente près de la moitié des volumes mondiaux de la marque de petits fromages ronds. 60 % des volumes sont exportés depuis la Mayenne vers 80 pays.
Des critères de durabilité
Le site d’Évron doit ce label à des investissements réalisés tant sur ses process que sur sa consommation d’énergie, avec l’installation d’une chaudière biomasse en 2022, alimentée par le bois de forêts et haies du Grand Ouest. L’équipement fournit 80 % des besoins thermiques du site. Au total, grâce aussi aux pompes à chaleur et récupérateurs de chaleur fatale, et la consommation d’une électricité issue à 100 % du photovoltaïque, l’usine évronnaise a réduit ses émissions de CO2 de 70 % depuis 2021.
Par ailleurs, sa consommation d’eau a diminué d’un tiers en dix ans. La durabilité de ses fromages sous capsule rouge en cire alimentaire a également été améliorée, en les emballant dans du papier recyclable et non plus dans de la cellophane.
Une transformation digitale
Le label "Vitrine industrie du futur" consacre aussi la digitalisation des process, qui doit se poursuivre à l’échelle du groupe grâce aux partenariats engagés avec Dassault Systems et Accenture. Cette transition digitale du site mayennais permet d’optimiser les ressources industrielles et énergétiques. Elle replace aussi l’humain au cœur des dispositifs de décision, ce qui est l’un des critères retenus par l’Alliance Industrie du Futur.
Les salariés remis au centre des décisions
Ainsi, alors que "la gestion de la production reposait autrefois sur des rapports consultés a posteriori, les équipes disposent désormais d’une vision en temps réel de la performance industrielle", explique la direction. L’usine capte et analyse en continu les données issues des équipements et des process afin d’alerter, anticiper et faciliter les prises de décision du personnel, à différents postes.
L’usine d’Évron démontre ainsi qu’ industrie performante est une industrie qui maîtrise ses opérations de bout en bout", commente le directeur du site, Léonard Didiot.