Le Bureau national interprofessionnel du cognac (BNIC) a annoncé que la filière mettait en place le dispositif d’adaptation de son vignoble (plus de 88 000 hectares), en réaction aux sanctions chinoises qui l’impactent. Après avoir fait valider la modification du cahier des charges du cognac le 6 février par l’INAO, ce nouveau dispositif est en cours de déploiement.
Il est accompagné de la diffusion d’un "support pédagogique" et de plusieurs réunions d’information organisées en Charente jusqu’au 17 mars prochain. Le BNIC précise qu’il s’appuie sur le rendement annuel cognac, qui sera majoré "au prorata de l’effort réalisé : c’est ce que l’on appelle le volume complémentaire cognac individuel".
Faire baisser les charges
Souhaitant mettre en place de l’arrachage sans diminuer son volume de production, le cognac adapte son outil de production via un nouveau mécanisme d’arrachage "temporaire, volontaire et ne reposant pas sur les financements publics (au frais des viticulteurs, donc). Les viticulteurs qui l’utiliseront auront un rendement à l’hectare plus élevé et garderont leurs droits à replanter pour une période qui fait actuellement l’objet de négociations à Bruxelles", précise le BNIC.
"Il s’agit de permettre au viticulteur qui réalisera des efforts de réduction de surfaces destinées au cognac de bénéficier d’un niveau plus favorable sur les hectares qu’il maintiendra en production. Cela lui permettra de maintenir son chiffre d’affaires tout en faisant baisser ses charges variables", ajoute-t-il. Le dispositif vise aussi à éliminer les volumes qui ne trouvent pas de débouchés en Chine tant que les taxes sont en vigueur.
Une action temporaire
"Le mécanisme proposé a été élaboré dans l’objectif de réduire une partie des charges variables de l’exploitation liées à la surface de vignes cultivées tout en préservant le potentiel de commercialisation, de façon à améliorer le résultat d’exploitation pour un chiffre d’affaires donné", explique Anthony Brun, représentant BNIC présidant l’Union Générale des Viticulteurs pour l’AOC cognac.
Enfin, l’interprofession insiste sur le côté temporaire de l’action, prudente et souhaitant "ne pas perdre de potentiel de commercialisation lorsque les perspectives de marché s’amélioreront". Il est utilisable dès la récolte 2025, et le rendement commercialisable pour cette année sera, en conséquence, annoncé en avance.