Fondée au cœur de l’un des plus grands gisements hydroliens d’Europe à Cherbourg, la start-up Normandie Hydroliennes (une dizaine de collaborateurs) développe le projet NH1 de 12 MW dans le raz Blanchard, pour une mise en service prévue pour début 2028.
Lauréat du Programme d’Investissements d’avenir en 2015, et sélectionné par la Commission Européenne dans le cadre du Fond pour l’Innovation, le projet de ferme pilote a reçu toutes les autorisations nécessaires et est donc prêt à se positionner sur les prochains appels d’offres commerciaux dans le raz Blanchard.
Initié par Engie, avec l’appui de trois acteurs aux expertises complémentaires, le turbinier Proteus Marine Renewables (PMR), le fonds régional Normandie Participations, et le groupe industriel EFINOR qui construira les hydroliennes dans ses ateliers à Cherbourg, le projet entame à présent une campagne de financement participatif.
Levée de fonds d’un million d’euros
La levée de fonds lancée sur la plateforme Wiseed s’élève à un million d’euros (minimum). "Elle doit permettre à la société normande d’obtenir des réserves de trésorerie suffisantes pour assurer l’achèvement des travaux clés jusqu’à la clôture financière d’ici 2026, finaliser l’industrialisation de notre système, et embaucher de nouveaux collaborateurs pour étoffer l’équipe", explique Katia Gautier, directrice de projet de la start-up, basée à Colombelles (Calvados). Le projet NH1 s’élève à 90 millions d’euros de budget au total. Le taux de rendement est de 12 % sur 18 mois.
La ferme pilote de quatre hydroliennes d’une puissance installée de 12 MW, utilisera les turbines à axe horizontal de 3 MW chacune de Proteus, appelées AR3000. Lorsque la ferme pilote NH1 entrera en service, elle fournira annuellement 33,9 GWh d’électricité au réseau français, pour répondre aux besoins de 15 000 habitants en électricité d’origine renouvelable et 100 % prévisible.
Quatre turbines innovantes
L’innovation est au cœur du projet cherbourgeois NH1. "Nous avons fait le choix de la turbine à axe horizontal de Proteus pour sa fiabilité, sa maturité, sa puissance unique au monde et sa compétitivité en termes de coût d’électricité. Bien plus compactes que les éoliennes à puissance équivalente, ces hydroliennes utilisent une surface d’emprise réduite comparativement aux projets d’éoliennes en mer. Pour le projet NH1, les quatre turbines AR3000 n’utiliseront que 5 % de la surface totale de la concession", précise la directrice de projet. "Cette technologie de pointe a déjà été éprouvée dans plusieurs projets mondiaux, notamment en Écosse et au Japon" ajoute-t-elle.
En attente des appels d’offres
"Les acteurs français de la filière sont prêts à développer les fermes pilotes et à passer à une étape d’industrialisation et de déploiement à grande échelle"
En matière de développement industriel, l’hydrolien a atteint un point de bascule charnière. "Les acteurs français de la filière sont prêts à développer les fermes pilotes et à passer à une étape d’industrialisation et de déploiement à grande échelle", confirme Katia Gautier. À la suite de l’annonce du président Macron le 28 novembre dernier confirmant la sortie d’appels d’offres commerciaux pour l’hydrolien, le lancement de ces appels d’offres est attendu en 2025-2026 au Raz Blanchard, pour un total cumulé de 750 MW attribués en 2030 et de 2,5 GW attribués en 2035.
400 emplois directs et indirects créés
D’après des études menées à partir des données du service hydrographique et océanographique de la Marine, le gisement potentiel français de l’hydrolien est estimé à long terme à plus de 18 GW, avec un gisement immédiatement mobilisable de 5 GW. La France, avec ses 11 millions de km2 de domaine maritime, est le 2e pays en Europe après le Royaume-Uni à concentrer les zones les plus propices à l’installation d’hydroliennes entre la Manche, la mer du Nord et la mer d’Irlande. L’industrialisation de cette filière pourrait générer 6 000 emplois en France dès 2030, dont 400 emplois directs et indirects rien que pour le projet NH1.