La société Normandie Hydroliennes, basée à Colombelles (Calvados) a été sélectionnée par la Commission européenne, dans le cadre du Fonds pour l’innovation. L’entreprise normande, qui travaille à un projet de ferme pilote dans le Raz Blanchard à Cherbourg, va ainsi bénéficier d’une aide financière 31,3 millions d’euros pour accélérer le développement de son projet baptisé NH1. "Être sélectionné par le Fonds pour l’Innovation est une reconnaissance majeure de notre travail et de l’impact que notre système technologique, la turbine innovante à axe horizontal AR3000 de Proteus, peut avoir sur la décarbonation et le mix énergétique", se félicite Katia Gautier, directrice de Normandie Hydroliennes.
400 emplois à venir
Le projet NH1 est initié par Engie, avec l’appui de trois acteurs aux expertises complémentaires, le turbinier Proteus Marine Renewables (PMR) - qui vient de rejoindre le conseil d’administration d’Ocean Energy Europe - le fonds régional Normandie Participations, et le groupe industriel Efinor.
La ferme pilote exploitera 4 turbines à axe horizontal AR3000, les plus puissantes au monde et les plus efficaces en exploitation commerciale. Construites à Cherbourg, elles produiront 34 GWh par an d’énergie propre, durable et 100 % prédictible, pour le réseau national français. Et approvisionneront 15 000 personnes, en 2028, ouvrant ainsi la voie à de futures fermes marémotrices dans la région.
Le projet NH1 mobilisera environ 400 emplois à temps plein (directs et indirects). "Ce financement nous permettra notamment de franchir des étapes décisives dans la mise en œuvre de notre solution innovante et compétitive, d’accélérer notre développement et de concrétiser notre vision" ajoute Katia Gautier.
Maturité technologique
Le Fonds pour l’innovation 2023 de la Commission européenne, doté de 4,8 milliards d’euros, soutient les technologies innovantes à faible émission de carbone. Il est l’un des plus importants programmes de financement au monde pour la démonstration de technologies innovantes à faible teneur en carbone.
"Grâce au soutien de la Commission Européenne, l’énergie hydrolienne prend l’élan dont elle a besoin pour se développer et s’intégrer dans le mix énergétique de la France et de l’Europe"
La société normande a dû répondre à cinq critères pour être sélectionnée : son potentiel de réduction des GES (gaz à effet de serre), son degré d’innovation, sa maturité technologique, financière et opérationnelle, sa réplicabilité, ainsi qu’au critère de rentabilité économique. "Grâce au soutien de la Commission Européenne, l’énergie hydrolienne prend l’élan dont elle a besoin pour se développer et s’intégrer dans le mix énergétique de la France et de l’Europe", se réjouit Katia Gautier.
La France détient le deuxième courant le plus important d’Europe. Avec un potentiel de développement démontré de l’ordre de 5 à 6 GW, il représente une production de 15 à 18 TWh pour alimenter en électricité 8 millions de personnes.