Cette année 2026, EDF en Bretagne fête les 60 ans de son usine marémotrice de la Rance, située entre Dinard et Saint-Malo. Une date qui résonne comme un symbole alors que le producteur et distributeur d’énergie veut faire accélérer le territoire dans l’électrification des usages. "Nous avons des efforts à faire pour l’électrification, c’est essentiel pour l’économie du pays, pour le climat, et pour notre souveraineté", estime Jean-Philippe Berton, directeur de l’action régionale d’EDF en Bretagne.
L’usine hydroélectrique a reçu 10 millions d’euros pour sa modernisation en 2025 et 60 millions sont encore fléchés d’ici à 2032. "Mais dans la région, seule 20 % de la consommation d’électricité est produite en local", ajoute Perrine Le Saint, responsable régionale de Power Solutions (ex-EDF Renouvelables). Or, pour coller à l’objectif affiché par le conseil régional de Bretagne de multiplier par 7 cette production d’énergie renouvelable d’ici à 2040, EDF compte travailler avec les collectivités dans ce sens.
Six nouveaux parcs dans le Morbihan
Ainsi, après avoir rénové le parc éolien de Kergrist (Morbihan) en 2025, qui a permis de multiplier par trois sa production, Power Solutions rénove actuellement celui de La Nourais (Ille-et-Vilaine). Cinq éoliennes y seront là aussi remplacées par des machines dernière génération. "Pour 2026, l’ambition est de renouveler les parcs pour passer d’une capacité de 100 MW à 150 MW et tripler la production. Nous devrions lancer jusqu’à six parcs cette année dans le Morbihan", annonce Perrine Le Saint. À raison d’un million d’euros par mégawatt, cela représente 50 millions à investir.
Autre filiale d’EDF, Dalkia poursuit également le développement de ses solutions d’efficacité énergétique auprès des collectivités et des industriels, les incitant à se passer du gaz pour profiter d’une électricité décarbonée. La filiale déploie ainsi notamment des réseaux de chaleur urbains ou encore des chaufferies bois comme chez Laïta à Créhen (Côtes-d’Armor).
Brennilis poursuit sa déconstruction
Enfin, un autre site historique majeur en Bretagne continue sa mue : celui de la centrale nucléaire de Brennilis (Finistère). Son démantèlement (le premier en France pour une centrale nucléaire), instauré par décret, doit se terminer en 2041. "En 2025, nous avons ouvert le bloc réacteur. En 2026, nous allons découper les tuyauteries, indique Stéphane Lelong, directeur de la centrale en déconstruction. Déconstruire c’est aussi innover, ajoute-t-il. Nous avons un jumeau numérique du site, qui va nous permettre de trouver les meilleures solutions techniques." Un robot découpeur est actuellement en test. Ce chantier titanesque emploie une centaine de personnes et nécessitera au total un budget de 850 millions d’euros.
200 recrutements par an dans la maintenance
De tels chantiers nécessitent de nombreuses compétences techniques. Alors, pour accélérer la transition énergétique de la Bretagne, EDF a décidé d’agir aussi en renforçant ses actions à destination des jeunes. "Nous devons anticiper les besoins grandissants en compétences dans les filières énergétiques, qui recruteront 10 000 personnes par an en France dans le nucléaire sur les dix prochaines années, indique Jean-Philippe Berton. C’est aussi 5 000 recrutements par an de techniciens de maintenance, soit plus de 200 postes en Bretagne, région où le secteur connaît la plus forte tension."