Avec quatre centrales sur son territoire (Tricastin, Bugey, Cruas-Meysse et Saint-Alban) et 20 % des effectifs du nucléaire, l’Auvergne-Rhône-Alpes est la première région nucléaire de France. Portée par les annonces récentes du président de la république concernant la relance du secteur, la filière régionale est entrée dans une phase d’accélération, augmentant ses besoins en compétences. D’ici 2035, le secteur prévoit ainsi 100 000 recrutements dans toute la France. Pour y répondre, EDF (113,3 Md€ de CA 2025) mise sur ses dispositifs de formation et d’attractivité dans la région, qui rassemble près de 1 300 entreprises et 48 000 emplois directs et indirects.
Le Bugey au cœur du programme national pour le nucléaire
"La centrale du Bugey s’inscrit parfaitement dans les objectifs dévoilés par l’exécutif lors du conseil de politique nucléaire du 12 mars 2026 : nous sommes à la fois concernés par le renouveau du nucléaire puisque notre site accueillera des EPR2, mais aussi par la prolongation du parc existant, puisque le Bugey possède des réacteurs qui ont franchi le cap des 40 ans et dont nous allons allonger la durée de vie", explique Elvire Charre directrice de la centrale.
Un défi industriel qui va donc nécessiter de recruter de nouveaux talents tout en renouvelant les compétences des 2 000 salariés et partenaires permanents en fonction sur le site. La centrale du Bugey a ainsi commencé à publier des offres d'emploi en vue du chantier des EPR2, qui débutera d'ici 4 à 5 ans. "Des offres sont en cours pour permettre aux futurs salariés EPR2 d'être formés dès à présent, avec la promesse d'intégrer le projet vers 2030", explique Elvire Chare.
Formation initiale et continue au Bugey
Les formations initiales sont en effet très importantes chez EDF et concernent "tous les nouveaux salariés qui sont embauchés sur le site", poursuit la directrice du site. La formation d’un pilote de réacteur dure ainsi deux années. "Ensuite, pour les salariés déjà en activité, nous avons des formations dédiées au maintien de capacité, pour entretenir leurs compétences", ajoute Elvire Charre. Sur le site de la Centrale EDF du Bugey, les 1 464 salariés ont totalisé plus de 163 000 heures de formation en 2025, soit environ 15 jours par an et par salarié, bien au-dessus de la moyenne nationale de 3 jours.
"Les écoles nous disent que les promotions scientifiques se remplissent davantage. Nous sentons sent vraiment un intérêt croissant des jeunes pour l’industrie et la filière nucléaire. C’est très positif pour le secteur"
Le site du Bugey abrite aussi l’un des principaux campus de formation technique du groupe. Exploité par l’Unité de professionnalisation pour la performance industrielle (UFPI), il forme près de 10 000 stagiaires par an. Sur 4 hectares, plus de 300 salariés y encadrent des formations dans une centaine de salles avec des équipements reproduisant fidèlement les installations d’une centrale : simulateur de salle de commande, mini-centrale pédagogique ou espace maquettes. "Ces maquettes et ces outils permettent de s’entraîner au dernier moment juste avant de faire un geste sur l’installation. Dans nos métiers pour être certain de bien faire un geste comme il faut, nous avons besoin de le réviser au dernier moment," explique encore Elvire Charre.
Recruter de nouveaux talents
Pour faire face aux besoins de recrutement et attirer de nouveaux talents, le site du Bugey a mis en place de nombreuses initiatives : partenariats avec les écoles de la région, ambassadeurs métiers pour faire connaître le secteur aux jeunes, stages et alternance sur le site.
"Les écoles avec qui nous avons des partenariats nous disent que les promotions scientifiques se remplissent davantage. Nous sentons sent vraiment un intérêt croissant des jeunes pour l’industrie et la filière nucléaire. C’est très positif pour le secteur", estime Elvire Charre.
Féminiser la filière
Reste un défi : féminiser la filière, alors que les femmes ne représentent à ce jour que 22 % des salariés du nucléaire. "Nos 300 ambassadeurs jouent un rôle important pour témoigner dans les écoles, dès le secondaire, auprès des jeunes filles et leur donner envie de rejoindre la filière", estime la directrice du site.
Les métiers recherchés couvrent un large spectre de qualifications, du bac professionnel au bac + 5 : techniciens de maintenance ou d’exploitation, ingénieurs sûreté, soudeurs, automaticiens ou encore chefs de chantier. "Chaque année nous recrutons entre 50 et 70 nouveaux collaborateurs" termine Elvire Charre.