Fermée en 2020, la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) est en passe de basculer vers son démantèlement. "Nous avons réalisé 98 % des travaux de son pré-démantèlement. Les 2 % restants seront réalisés au plus proche", indique André Kremer, directeur de la centrale qui passera ces jours-ci le flambeau à son adjoint, Pierre-Jean Barret, présent depuis une vingtaine d’années sur le site haut-rhinois.
"Nous sommes complètement en ligne avec notre trajectoire industrielle", poursuit M. Kremer. En 2025, EDF a ainsi consacré 33 millions d’euros pour la "poursuite et l’achèvement de chantiers structurants" ayant trait à "l’adaptation de systèmes de ventilation et de chauffage, ainsi qu’à l’évacuation de produits non nécessaires tels que le fuel et le bore". Mobilisant près de 450 personnes, ce vaste chantier a également permis la rénovation d’équipements de manutention, comme des ponts de levage, appelés à être utilisés de façon intensive dans le cadre des opérations de démantèlement censées durer entre 15 et 20 ans.
Dans l’immédiat, celles-ci sont encore soumises au feu vert de la publication d’un décret émanant de la ministre de la Transition écologique, attendu pour courant mars, avant sa validation par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).
400 personnes mobilisées sur le chantier du démantèlement en 2026
La première étape du démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim consistera à déposer les trois générateurs de vapeur dans le bâtiment du réacteur N.1, "une opération technique et assez spectaculaire" selon M. Kremer, avant le retrait des racks maintenant les combustibles.
Programmées pour 2026, ces opérations mobiliseront les compétences de plusieurs spécialistes industriels à commencer par e Cyclife Engineering (une centaine de collaborateurs ; 28,3 M€ de CA en 2024), filiale du groupe EDF située à Lyon et dédiée à l’ingénierie de déconstruction et de démantèlement nucléaire, qui a déjà procédé à une quinzaine de recrutements pour ce chantier spécifique. En tout, près de 400 personnes seront à l’œuvre cette année dans le Haut-Rhin.
Un site susceptible d’accueillir une activité industrielle d’ici 15 à 20 ans
Interrogé sur l’avenir du site de Fessenheim, André Kremer ne s’étend pas. "C’est un peu prématuré, dit-il. L’objectif est d’avoir un site susceptible d’accueillir une activité industrielle à l’issue de son démantèlement sachant que le foncier appartient à EDF. J’ai envie de dire qu’on a une quinzaine d’années pour bien réfléchir à ce sujet".
À proximité immédiate de la future ex-installation nucléaire de Fessenheim, EDF projette de déployer le Technocentre, dédié au recyclage de métaux faiblement radioactifs, pour un investissement de 450 millions d’euros appelé à générer la création de 200 emplois. Après avoir fait l’objet d’un débat public, ce projet, qui doit voir le jour d’ici 2030, entre désormais dans une phase dite de concertation continue où les diverses thématiques abordées au préalable seront approfondies.