Le constructeur aéronautique toulousain Aura Aero (200 collaborateurs) annonce avoir réussi une levée de fonds de 50 millions d’euros. Cette opération repose sur un tour de table réunissant des acteurs industriels, institutionnels et deeptech : le fonds French Tech Souveraineté géré pour le compte de l’État par Bpifrance, le fonds du Conseil Européen de l’Innovation (EIC Fund), Safran Corporate Ventures (filiale de capital-risque du groupe Safran destinée au financement de start-up ou de PME technologiques innovantes), Blast (club privé d’investissement fondé en 2023 par Anthony Bourbon et Samuel Guez), Innovacom (société de capital-risque parisienne), Florida Opportunity Fund (société de capital-risque américaine) et EDF Groupe.
340 millions d’euros de financements sécurisés
Fort de cette opération, Aura Aero, dont l’ambition est de fournir un catalogue dual d’offres civiles et militaires, porte le total de ses financements à 340 millions d’euros, dont 120 millions d’euros de subventions (France 2030 et European Innovation Council) et 170 millions d’euros d’aides accordées par l’État de Floride (États-Unis), via Space Florida (l’agence de développement économique aérospatial de Floride) pour bâtir une usine à l’aéroport international de Daytona Beach, sur un terrain de 16 hectares.
"Nous sommes en train de construire bien plus que des avions : nous construisons un nouvel acteur industriel européen, lance Jérémy Caussade, président et fondateur d’Aura Aero en 2018 avec deux autres ingénieurs en aéronautique (Fabien Raison et Wilfried Dufaud). Cette étape nous donne les moyens de tenir nos ambitions technologiques et surtout de les produire à l’échelle."
Avec cette nouvelle phase, Aura Aero ambitionne de réaliser le premier vol de son avion régional hybride-électrique de 19 places (ERA) en 2027 et de voir certifié son avion 100 % électrique en catégorie CS-23 (INTEGRAL E). L’entreprise compte aussi d’opérer le premier vol d’ENBATA fin 2026, son drone MALE (medium altitude long endurance) ITAR-free (c’est-à-dire sans composants susceptibles de susciter l’opposition du gouvernement des États-Unis), développé dans le cadre d’un appel à projets de la Direction générale de l’armement (DGA).
165 millions d’euros pour l’usine toulousaine
L’obtention récente du permis de construire de son usine de 40 000 m² à l’aéroport de Toulouse-Francazal et les 20 commandes fermes déjà engagées (50 espérées d’ici la fin de l’année) pour son avion régional hybride-électrique de 19 places ERA (700 intentions d’achat reçues au total, pour près de 12 milliards d’euros) confortent l’entreprise dans son passage à l’échelle industrielle.
Prévue pour entrer en service en 2028, l’usine toulousaine d’Aura Aero, qui mobilise un investissement de 165 millions d’euros, dont 30 millions d’euros d’équipements industriels, emploiera 1 600 collaborateurs dans une petite dizaine d’années, un millier d’entre eux étant affectés à la production. La volonté de l’entreprise est d’y produire une centaine d’avions ERA et une cinquantaine d’avions INTEGRAL chaque année. Un modèle similaire sera adopté pour l’usine de Floride, où évolueront 1 000 salariés et qui devrait être opérationnelle pour 2030, les fonctions supports restant basées à Toulouse.
L’entreprise a réalisé 2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Elle vise 10 millions en 2026.