AC Dismantling n’a pas tardé à décoller. Fondée en 2022 par un jeune mécanicien aéronautique passé par Dassault, Anthony Charmarty, la start-up est "aujourd’hui la seule en Europe à démanteler et recycler de petits aéronefs de l’aviation générale et d’affaires", assure son dirigeant. Et manifestement elle convainc. Elle vient d’annoncer une levée de fonds de 2,7 millions d’euros auprès de Clint Capital, le fonds régional Naco, Cléry Ventures, TJH Invest et Phylaïa Family Office, avec une participation de Bpifrance, de la Région Nouvelle-Aquitaine et de banques.
Finalisé fin 2025 mais dévoilé en mars 2026, ce financement lui permet d’acquérir de nouveaux équipements, d’augmenter ses capacités de traitement et de structurer ses outils de production pour valoriser encore davantage les composants des avions de moins de 30 tonnes, essentiellement avions d’affaires et jets privés. Depuis sa création, 15 appareils ont ainsi été déconstruits et valorisés.
Enjeux d’approvisionnement et de décarbonation
La start-up propose une prise en charge complète des appareils en fin de vie, depuis leur enlèvement — y compris lorsqu’ils sont immobilisés ou non volants — jusqu’à leur déconstruction méthodique. Les pièces détachées et matériaux sont ensuite redistribués vers des circuits de recyclage ou de réemploi. AC Dismantling entend ainsi répondre d’une part "aux tensions croissantes sur l’approvisionnement en pièces détachées et à la raréfaction de certains matériaux stratégiques", et d’autre part aux trajectoires de décarbonation attendues par l’ensemble de la filière.
Anticipant sa montée en puissance, AC Dismantling a déménagé sa partie opérationnelle du sud Charente à Pau en avril 2025. En parallèle de son siège social toujours à Bordeaux — "au plus près des donneurs d’ordre", justifie Anthony Charmarty — l’entreprise dispose désormais d’un local en bord de piste de l’aéroport de Pau-Pyrénées. Un environnement "stratégique qui nous permet d’optimiser nos opérations au plus près du marché", commente l’entreprise, et "qui nous permet d’aller sur des avions en état de vol, ce qui est très important pour nous", précise le dirigeant.
Un nouveau marché et des embauches
Outre la multiplication attendue des chantiers, AC Dismantling prévoit aussi de diversifier ses opérations en s’ouvrant au marché militaire et aux avions étrangers. "Nous avons obtenu les habilitations et pouvons par exemple travailler sur les avions de chasse", affirme Anthony Charmarty. AC Dismantling prévoit logiquement des recrutements : 25 personnes sur trois ans s’ajouteraient aux sept personnes de l’effectif actuel.