Vous êtes en plein déménagement de votre siège européen à Tarnos (Landes). Vous avez investi 5 millions d’euros dans ce nouveau site, que représente-t-il pour Optima Aero (31 M$ de CA dans le monde en 2024) ?
C’est un changement d’échelle. Nous quittons Anglet pour un bâtiment de 3 000 m² à Tarnos, trois fois plus grand, moderne et adapté à nos besoins industriels. Ce site nous permet d’élargir notre activité historique de démantèlement à de nouveaux modèles d’hélicoptères. Jusqu’à présent, nous ne démontions qu’un seul type d’hélicoptère, le C135 d’Airbus Helicopters. À Tarnos, nous allons élargir cette activité de démantèlement en nous positionnant sur trois nouveaux appareils : deux modèles pour Airbus et un modèle Leonardo. Cela marque ainsi le début de notre partenariat avec Leonardo.
"Nous voulons devenir le centre d'excellence européen du groupe pour le démantèlement et la réparation d'hélicoptères"
Nous allons également démarrer une nouvelle offre de maintenance (MRO). Le nouveau siège est situé au cœur du pôle aéronautique Bertin, entouré de partenaires dont l’activité fait pleinement sens par rapport à la nôtre. Je ne parle pas uniquement de Safran, mais aussi de l’ensemble des acteurs du pôle Bertin, tous engagés dans le secteur aéronautique.
Quelles sont les ambitions du siège européen aujourd’hui ?
Nous voulons devenir le centre d’excellence européen du groupe pour le démantèlement et la réparation d’hélicoptères. Avec une croissance de 30 % par an qui devrait perdurer sur les cinq prochaines années, nous avons pour ambition de devenir un acteur majeur de la MRO en Europe. Notre objectif est d’être présent sur l’ensemble de la flotte d’hélicoptères opérant en Europe, aussi bien dans le secteur civil que, potentiellement, à travers certains partenariats dans le domaine militaire. Le site de Tarnos est conçu pour accueillir jusqu’à 40 collaborateurs. Nous allons aussi structurer des partenariats solides avec les OEM (fabricants d’équipements d’origine, NDLR) et les acteurs du territoire.
Vous avez pris vos fonctions cet été. Quel est votre rôle au sein du groupe ?
Je pilote les opérations européennes ainsi que la structuration de l’équipe, la montée en compétences locales, les futures activités MRO, les partenariats industriels… et bien sûr le déploiement stratégique. C’est un rôle très complet. J’ai été recrutée pour ma double expérience dans l’industrie et la MRO ainsi que pour ma connaissance fine de l’aéronautique. Ce qui me plaît ici, c’est de construire, de faire émerger une organisation qui soit agile, efficace et cohérente avec les valeurs du groupe.
Céline Marchal, votre prédécesseure, reste-t-elle dans le groupe ?
Céline a quitté la direction Europe mais reste dans le groupe : elle est désormais basée à Singapour pour développer notre présence commerciale en Asie. Sa mission est essentielle, car cette région est clé pour le développement à long terme d’Optima Aero. Le groupe se structure globalement avec des relais forts sur chaque continent.
Quelle est votre vision de l’industrie aujourd’hui ?
Je crois en une industrie responsable, durable, capable de concilier exigence technique et impact environnemental. Ce que fait Optima Aero, avec la revalorisation de pièces, la circularité, la MRO, répond à des besoins concrets du secteur. Et ce sont des leviers essentiels pour répondre à la crise de la supply chain. Pour moi, l’industrie doit être innovante, accessible, humaine et ancrée dans les territoires.