L'analyse du marché réalisée par les notaires de Haute-Normandie, du 1er octobre 2013 au 1er octobre 2014, montre que les prix de l'immobilier ont continué à baisser, atteignant des prix comparables à ceux pratiqués en 2005, soit avant la bulle immobilière. Cette tendance régionale suit la tendance nationale mais de manière plus marquée. Ainsi, en Seine-Maritime, le prix médian (apprécié sans les extrêmes) des appartements anciens s'établit à 1.890€/m2 (-2,3%), celui des maisons anciennes à 152.000€ (-1,9%) et le prix médian des terrains à bâtir à 57.000€ (+3,6%). Une même tendance à la baisse est constatée dans l'Eure, le prix médian des appartements anciens s'apprécie à 1.640€/m2 (-1,3%), celui des maisons anciennes à 150.000€ (-1,3%) et les terrains à bâtir autour de 49.700€ (-5,3%). "Les difficultés de mise en œuvre des compromis engendrées par la loi ALUR et la hausse de 15% des taxes au profit de l'Etat et des collectivités (depuis le 1er avril pour l'Eure et le 1er juin pour la Seine-Maritime, Ndlr), n'ont certainement pas facilité la fluidité des transactions et l'amélioration de la confiance des ménages", explique maître Eric Rungeard, délégué départemental Seine-Maritime du conseil régional des notaires
Du simple au double dans l'Eure
Dans l'Eure les prix peuvent ainsi varier du simple au double si l'on cherche une maison dans l'ancien. Ainsi, si l'on peut trouver une maison pour un prix médian de103.000€ dans le pays d'Ouche (près de l'Orne), il faudra compter 205.000€ à Vernon. La vallée Seine et Eure permet d'acquérir des biens pour un prix médian de 164.8000€ quand celui-ci s'établit à 150.000€ dans la vallée d'Avre-Iton ou encore dans le Centre Eure. Sur Evreux, le prix médian se porte à 150.000€ accusant une baisse de 6% sur un an avec d'importantes disparités. Le quartier Saint Michel enregistre ainsi une baisse de 6,7% quand la périphérie de la ville voit les prix augmenter de 5,6% avec un prix médian de 169.000€. "La proximité des grands axes et centres d'agglomérations facilite les transactions", affirme maître Sophie Pibouleau-Vigier, déléguée départementale de l'Eure du conseil régional des notaires.
De grandes disparités en Seine-Maritime
Rouen n'échappe pas à la baisse avec un prix médian pour les maisons anciennes en baisse de 6,7% à 180.000€. Cependant, de grandes disparités existent avec des prix en hausse de 20% sur les coteaux nord de la ville (quartiers Gare, Jouvenet, Boulingrin) et une baisse de 13% dans les quartiers Saint Clément et du Jardin des plantes. En périphérie de la ville, les maisons se trouvent au prix médian de 157.950€. Mais de fortes hausses sont constatées dans certains endroits comme à Bois-Guillaume ou le prix médian des maisons anciennes a bondi de 13,2% ou encore à Mesnil-Esnard avec une augmentation de 14% pour s'établir à 271.000€. La baisse est encore plus marquée pour les appartements anciens à -8,7% pour un prix médian au m2 de 2.147€, quand le prix médian des appartements en périphérie rouennaise s'établit à 1.656€/m2. On notera une baisse significative des appartements anciens sur Bois-Guillaume à -11,2% quand Petit-Quevilly enregistre une hausse de +2%.
Au Havre, le prix médian dans les appartements anciens est en baisse de 8,7% à 1.745€/m2 avec des différences marquées entre les quartiers, le centre-ville permettant d'atteindre 2.077€/m2, tout en accusant une baisse de 3,4%. Si la périphérie havraise voit ses prix reculer de 8,3%, des exceptions subsistent comme à Sainte Adresse avec un prix des appartements anciens à 2.186€/m2. La ville Océane permet d'acquérir des maisons anciennes pour un prix médian de 153.000€, la encore avec de fortes disparités puisque la périphérie havraise propose un prix médian de 192.000€ quand des communes comme Octeville/mer ou Sainte-Adresse établissent leur prix médian respectivement à 240.000€ et 280.000€ (+5,8%), soit le prix médian des maisons anciennes le plus élevé de Seine-Maritime.
Autre réalité du marché, la baisse du marché de la résidence secondaire. Des ventes difficiles à réaliser explique Sophie Pibouleau-Vigier: "Les délais pour vendre une maison de campagne son beaucoup plus longs. Il y a un mouvement de baisse générale sur le marché de la maison secondaire. Les gens ne veulent plus de cette contrainte. Le marché du secondaire n'est plus un marché porteur"
Bonnes nouvelles pour les primo-accédants
Pendant la période analysée par les notaires hauts-normands, l'effet crise s'est amplifié sur les prix de l'immobilier dans la région et s'est généralisé sur l'ensemble du territoire. Plus en phase avec les revenus des accédants à la propriété, les niveaux de prix: "permettent de retrouver un attrait et un plus grand nombre de primo-accédants, grâce également à des taux d'intérêt historiquement bas", assure maître Eric Rungeard. Selon les notaires, les acheteurs potentiels, notamment les primo-accédants s'intéresse davantage aux périphéries des agglomérations avec des terrains aux superficies souvent plus réduites permettant d'envisager un projet d'achat ou de construction dans une enveloppe financière plus attractive. Le délégué départemental précise également que certains secteurs sont "en panne" car: "éloignés de tout, multipliant les coûts de transports et offrant des biens avec de faibles performances énergétiques et augmentant de fait le coût de rénovation".