La demande est forte, il fallait y répondre. "Ces dernières années, nous avons développé tout ce qui tourne autour du lit et de l’accès au lit, mais nous étions un peu sous-équipés pour fabriquer ce type de produit", retrace Paul de Montclos, le PDG de Garnier Thiebaut. Réalisant un total de 36 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 230 salariés, le fabricant de linge de maison basé à Gérardmer, dans les Vosges, vient de s’équiper de trois métiers à tisser, pour un total de 800 000 euros. Complétant le parc des 34 métiers installés, ces nouvelles machines, dont un métier de type Jacquard, doivent notamment permettre de faire "des constructions en fil très fines pour être en mesure de livrer les palaces", précise Paul de Montclos.
Des engagements "en termes de réactivité"
Arrivées au cours de l’été 2024, les nouvelles machines sont désormais réglées et tournent à plein régime depuis quelques mois pour livrer une clientèle exigeante : celle de l’hôtellerie haut de gamme. "Une des raisons pour lesquelles j’ai investi, c’est pour tenir nos engagements en termes de réactivité, pointe Paul de Montclos. Une grosse partie de notre clientèle compte sur nous pour être extrêmement réactif. Et je sentais que nous étions en décalage par rapport à la tendance de marché."
L’export pour continuer à croître
Contraintes de s’adapter à la tendance généralisée par la "Fast Fashion" et ses collections qui tournent à grande vitesse, les équipes de Garnier Thiebaut ont su répondre en "accélérant sur leur capacité de création", retrace Paul de Montclos. La PME est désormais aussi outillée pour suivre sur le plan de la production. Positionné résolument sur le linge de maison haut de gamme et désormais en mesure de répondre aux exigences de l’hôtellerie haut de gamme, le fabricant vosgien mise désormais sur l’export pour continuer sa trajectoire de croissance, lancée depuis la sortie de la crise du Covid : plus de 40 % de la production est déjà écoulée à l’international, et Paul de Montclos pense pouvoir aller plus loin.
Retrouver des parts de marché au Moyen-Orient
"À l’international, l’hôtellerie haut de gamme nous a déjà bien tirés sur le dernier exercice. Globalement, nos indicateurs sont aux verts, même si sur l’exercice 2024, nous avons enregistré un ralentissement sur l’Europe. Par contre, en 2025 nous devrions retrouver des développements intéressants au grand export", anticipe le PDG de Garnier Thiebaut. Si le dirigeant reste confiant quant à sa capacité à imposer ses produits en Allemagne, dans l’Europe du Nord ainsi qu’aux États-Unis, c’est plutôt "la reconquête du Moyen-Orient et de l’Asie", qui le motive sur l’exercice 2025.
Le service pour faire la différence
"Au Moyen Orient, on s’est fait "shooter" par les Chinois, mais la clientèle dans l’hôtellerie très haut de gamme en a un peu marre de leur produit", décrit un Paul de Montclos combatif. Une situation de marché favorable à la PME vosgienne, qui peut désormais jouer la carte de la qualité et de la rapidité de service : "C’est une typologie de client qui n’anticipe pas beaucoup et qui veut avoir tout, tout de suite. Donc plus que le produit, c’est un service que nous vendons".
Produire sa propre énergie
Et pour soigner son compte d’exploitation, le dirigeant de Garnier Thiebaut a trouvé un moyen d’alléger sa facture d’électricité, soit près de 1,2 million d’euros chaque année. "En 2024, nous avons investi 800 000 euros pour installer des panneaux photovoltaïques sur le toit de l’usine, ainsi que rénover complètement notre turbine hydroélectrique", détaille Paul de Montclos. Dans les meilleures conditions d’ensoleillement, soit en plein été, les panneaux solaires devront permettre de couvrir 100 % des besoins en électricité du site de Gérardmer. L’autre site exploité par la PME, à Granges-Aumontzey, dédié à l’ennoblissement, pourra lui tirer jusqu’à 35 % de son énergie électrique grâce à la turbine.