Quoi de plus naturel pour entamer une tournée d’anniversaire que de le faire dans un lieu baptisé "kilomètre zéro". C’est donc au KMØ à Mulhouse qu’Entreprise du Futur a donné, jeudi 21 novembre 2024, le coup d’envoi de son périple communautaire. Un évènement itinérant qui conduira le réseau d’accompagnement des dirigeants d’entreprises à la rencontre de ses adhérents en cinq étapes : à Mulhouse d’abord, puis Lille les 4 et 5 décembre, Rennes les 11 et 12 mars 2025, Bordeaux le 1ᵉʳ et le 2 avril et Marseille les 3 et 4 juin. Terminus ensuite à Lyon, pour le congrès annuel les 2 et 3 juillet.
L’organisation de chacune de ces cinq étapes repose sur trois temps forts. D’abord une soirée d’accueil et de networking autour du directeur général du réseau, Alban Guyot, et des ambassadeurs locaux d’Entreprise du Futur, en l’occurrence, à Mulhouse, Romina Marcovici, directrice générale de l’usine Merck Life Science et Cédric Simonin, président de Trianon Résidences, directeur général associé du groupe Vivialys (370 salariés, 200 M€ de CA en 2023). Ensuite, le lendemain, une matinée thématique – à Mulhouse sur la transformation digitale de l’industrie — suivie de visites d’entreprises locales l’après-midi.
L’industrie 5.0 se développe grâce à l’IA
Le choix de KMØ, une ancienne friche industrielle transformée en lieu d’innovation dédié à la transformation digitale de l’industrie s’imposait pour le thème choisi pour l’étape alsacienne : l’émergence de l’intelligence artificielle dans les process industriels. Thibaut Bialek, PDG de Sofimeca, un groupe familial haut-rhinois de sous-traitance industrielle (1 400 salariés, 127 M€ de CA) a ainsi expliqué comment la numérisation de la production de l’usine Top Industries d’Hésingue (Haut-Rhin) spécialisée dans l’injection thermoplastique, avait permis de gagner en réactivité et en flexibilité pour livrer ses clients en flux tendus. En prime, une amélioration des conditions de travail par la suppression des tâches répétitives grâce aux machines connectées et des gains conséquents de productivité (entre 5 et 10 %).
Cas pratiques
Youssef Miloudi, directeur de l’activité BL.Predict (plate-forme IoT & IA pour l’optimisation des équipements et la maintenance prévisionnelle) chez CARL Berger-Levrault, éditeur de logiciels de gestion de maintenance des équipements industriels de Limonest (Rhône), a expliqué pour sa part comment l’intégration de l’IA dans la plateforme de maintenance prédictive de l’éditeur lui permettait d’améliorer sa compréhension du comportement des équipements en détectant les signes avant-coureurs de défaillances.
À la clef, une amélioration de 15 % des performances et de la longévité des équipements, ainsi qu’une réduction de 25 % des coûts d’exploitation et de 15 % des dépenses énergétiques.
Une nouvelle révolution industrielle
Une seconde table ronde matinale a mis en évidence comment la robotisation du nouage de bobines de fil, de leur étiquetage et palettisation ouvrait de nouveaux marchés à Superba, fabricant mulhousien de machines textiles pour le traitement thermique des fils à destination des fabricants de tapis et moquettes. "Un premier prototype a vu le jour en 2022, et un pilote a été installé aux États-Unis en 2023" s’est félicité Serge Munschi, directeur des opérations de Superba. Quant à Norcan (spécialiste alsacien des équipements industriels en aluminium, employant 120 salariés pour 25 M€ de CA), il a fait d’une innovation technologique interne sur des chariots mobiles robotisés pour le transport de pièces une activité indépendante. "Notre société Sherpa mobile robotics est aujourd’hui dans le top trois européen de la robotique mobile" revendique Stéphane Nauth, qui a racheté le groupe Norcan en 2014.
Chez Superba, l’intelligence artificielle a également pris place dans les bureaux pour pallier le départ en retraite d’un collaborateur en charge de la relation client. "Nous avons entraîné l’IA à partir des données techniques conservées dans les échanges mails de ce salarié avec nos clients pendant une dizaine d’années pour comprendre leurs besoins et leur apporter des réponses adéquates" explique Serge Munschi. Signe, comme l’a affirmé en conclusion de la matinée l’anthropologue Fanny Parise, que l’IA inaugure aujourd’hui dans les entreprises une révolution industrielle comparable à l’arrivée de l’électricité ou d’internet.