Entreprise du Futur donne la parole aux PME et ETI du Grand Est qui exportent
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Entreprise du Futur donne la parole aux PME et ETI du Grand Est qui exportent

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Comme l’an dernier, Entreprise du Futur a démarré sa tournée nationale depuis Mulhouse. Au KMØ, le réseau d’accompagnement des dirigeants d’entreprises a sollicité quatre représentants de PME et ETI familiales du Grand Est qui se sont notamment confiés sur leurs stratégies à l’export.

Quatre dirigeants de PME et ETI du Grand Est ont été invités à témoigner mots de la première escale Entreprise du Futur à Mulhouse — Photo : Fabrice Voné

Et si les PME et ETI n’existaient pas ? La thématique choisie par Entreprise du Futur, réseau d’accompagnement des dirigeants d’entreprises, pour lancer sa tournée depuis le KMØ à Mulhouse, invitait davantage au récit qu’à l’argumentaire pur et dur, ce vendredi 21 novembre. Un exercice auquel se sont livrés les dirigeants de quatre structures indépendantes et familiales du Grand Est tout en abordant l’aspect "export" de leurs activités respectives.

Steritech exporte 90 % de son activité

Un domaine où excelle Steritech, PME implantée à Saverne (Bas-Rhin) et spécialisée dans la conception et la fabrication de solutions de stérilisation et de pasteurisation destinées aux secteurs agroalimentaire et pharmaceutique. Fondée il y a 37 ans, la société réalise aujourd’hui plus de 90 % de ses 12 millions d’euros de chiffre d’affaires hors de nos frontières et peut se prévaloir d’être un leader international dans son domaine. Mais pas de quoi détourner Pierre Gavignon, PDG de Steritech qui est également ambassadeur de Team France Export, des valeurs fondamentales de son entreprise qui reposent sur l’honnêteté et l’humilité. Et aussi sur l’ouverture d’esprit et la curiosité, à entendre Pierre Gavignon.

"Toutes nos machines sont connectées et on n’utilise que des composants standards pour que le client puisse les changer lui-même"

"Il faut discuter, regarder ce qu’il se passe dans le monde et ne pas hésiter à se faire aider", dit-il en citant la CCI et Bpifrance. "Toutes nos machines sont connectées et on n’utilise que des composants standards pour que le client puisse les changer lui-même", poursuit-il. Son entreprise fournit même des lunettes connectées à ses clients afin d’éviter des déplacements inutiles et de résoudre la barrière de la langue. "Tout repose sur l’humain", souligne Pierre Gavignon pour qui, les nouveaux marchés à l’étranger, ont occasionné l’extension de son site de production en Alsace, mais aussi quelques déconvenues comme des demandes de pot-de-vin dans certains pays africains et des copies de ses machines depuis la Chine où certains usurpent l’identité de la PME alsacienne.

"Il faut être réactif et ne pas avoir peur d’attaquer des marchés improbables"

À la tête de Champagne Drappier, située à Urville dans l’Aube, Michel Drappier ne se fixe aucune limite. "Il faut être réactif et ne pas avoir peur d’attaquer des marchés improbables", plaide le dirigeant viticole, pionnier dans le bio et la neutralité carbone, qui exporte deux tiers de sa production. Les millésimes de l’entreprise familiale, qui emploie 49 personnes pour un chiffre d’affaires de 41 millions d’euros, étaient jadis prisés par le Général de Gaulle en personne. Aujourd’hui, les champagnes Drappier figurent sur les tables réunissant les dirigeants du monde entier à l’occasion des sommets Choose France. "Le champagne est un produit de luxe et d’excellence. On veut en faire un produit éthique. C’est notre argument commercial", milite Michel Drappier. Pour autant et malgré les différentes salves de sanctions, il n’a jamais cessé de commercer avec la Russie via "un importateur arménien qui déteste Poutine et dont la famille est installée en Ukraine". Ceci pour "maintenir le lien" sans pour autant être hors des clous en matière de réglementation.

"Un succès dans un pays étranger n’est pas forcément reproductible ailleurs."

Des horizons encore lointains pour le groupe Burger & Cie (220 salariés ; 53,40 M€ de CA en 2024), spécialisé dans la fabrication d’aménagements intérieurs et extérieurs pour les bâtiments depuis Lièpvre (Haut-Rhin), et Poulaillon (1 100 collaborateurs ; 117 M€), groupe familial opérant dans la boulangerie industrielle et la restauration rapide depuis Wittelsheim (Haut-Rhin).

Pour Burger & Cie, sa marque Grad, réputée pour ses systèmes de fixation pour les terrasses, constitue le principal levier du groupe familial à l’export. Pour cela, la société alsacienne peut s’appuyer sur une trentaine de commerciaux et une dizaine d’agents répartis dans le monde. "Un succès dans un pays étranger n’est pas forcément reproductible ailleurs", prévient cependant Paul Burger. S’il a investi du temps et de l’argent pour créer un bureau en Allemagne, il se félicite du succès rencontré, presque par hasard, par ses produits sur l’île Maurice et en Australie.

Inventeur de la mauricette, petit pain salé réalisé à partir de pâte à bretzel, Poulaillon est encore peu présent à l’export. Si ce n’est en Israël ou aux États-Unis où la communauté juive de New York a adopté son produit. Également propriétaire de l’eau minérale de Velleminfroy (Haute-Saône), l’ETI alsacienne lui a trouvé des débouchés en Australie où un importateur local de vins de Bourgogne a voulu étoffer sa palette de produits. Même si elles n’ont pas toute la même recette, les stratégies export des PME et ETI du Grand Est traduisent le dynamisme du tissu économique régional.

La prochaine escale d’Entreprise du Futur se tiendra du 4 au 5 décembre à Lille.

Mulhouse Grand Est # International # PME # ETI # Réseaux d'accompagnement # Import-Export