Et si les PME et ETI n’existaient pas ? C’est la thématique retenue par Entreprise du Futur, réseau d’accompagnement des dirigeants d’entreprises, dans le cadre de sa tournée 2025, lancée le 21 novembre dernier au KMØ, à Mulhouse (Grand Est), et menée en partenariat avec Le Journal des Entreprises. Celle-ci a fait étape dans la métropole lilloise, ce vendredi 5 novembre, au Coloft de Lesquin. Les dirigeants de cinq structures des Hauts-de-France ont témoigné, sous l’angle des énergies du futur. Ils ont partagé des solutions concrètes pour innover collectivement et construire des ponts entre performance économique et responsabilité environnementale.
Baudelet innove en se diversifiant
C’est Caroline Poissonnier, codirigeante du groupe Baudelet (900 collaborateurs, 200 M€ de CA), qui a ouvert la séquence. L’innovation est un sujet que cette cheffe d’entreprise connaît bien, pour avoir fait le choix, aux côtés de son frère Jean-Baptiste Poissonnier, d’engager l’ETI familiale Baudelet sur le chemin de la diversification. Basée à Blaringhem (Nord), celle-ci est spécialisée dans le traitement et la valorisation des déchets. "Il ne s’agit pas de renier l’histoire du groupe, la branche environnement sera toujours là, mais de laisser chacun une trace en lien avec nos personnalités : l’énergie pour Jean-Baptiste et le bien-être de mon côté".
À travers sa filiale Kourbe, par exemple, le groupe se positionne comme un producteur d’énergie alternative. Également entré au capital de la start-up Fiboo, Baudelet innove encore dans l’énergie avec la création d’un isolant fabriqué à partir de fibres de bambou. Côté bien-être, le groupe s’est par exemple engagé dans la création d’un complexe sportif. Baptisé Hercules & Hops, il s’étend sur 4 500 m² au sein de la friche industrielle de la Cristallerie d’Arc, à Blaringhem. "L’innovation a toujours existé au sein du groupe : dans une entreprise, quand on n’avance pas, on recule. Déjà en 1989 mon grand-père a eu l’idée d’utiliser le biogaz lié au stockage des déchets pour alimenter le four d’une affinerie d’aluminium", rappelle la dirigeante.
Windrose installe ses camions électriques en région
Autre illustration de la dynamique régionale : l’arrivée de la start-up chinoise Windrose, qui fabrique des poids lourds électriques. À l’occasion du sommet Choose France 2025, Windrose a annoncé l’implantation d’une usine européenne de camions électriques à Onnaing, dans le Nord. Fruit d’un investissement de 175 millions d’euros, celle-ci prendra place sur 90 000 m², non loin de l’usine Toyota. "Ce site a été retenu pour sa proximité avec notre siège social européen, à Anvers (Belgique), et pour l’excellent écosystème de fournisseurs qui s’y trouve déjà", a commenté Eric Gauthier, vice-président de Windrose et responsable des opérations en Europe.
Ecocem décarbone la production de béton
À Dunkerque, le cimentier irlandais Ecocem mène un chantier d’envergure autour de la décarbonation du béton. Une innovation de taille, dans la mesure où "le béton est le deuxième produit le plus consommé sur la planète après l’eau", rappelle Jean-Christophe Trassard, directeur des affaires publiques chez Ecocem.
Dans le cadre d’un projet chiffré à 50 millions d’euros, l’industriel installe une nouvelle ligne de production au sein de sa cimenterie de Dunkerque, qui compte 30 salariés. Il y déploiera, pour la première fois au niveau mondial, sa technologie baptisée ACT, qui permet une réduction de 70 % des émissions de CO2 par rapport à la moyenne européenne. Cette nouvelle ligne sera opérationnelle dès 2026 et offrira une capacité de production de ciment ACT de plus de 300 000 tonnes par an, portant la capacité totale du site de Dunkerque à 1 million de tonnes. Ecocem France réalise un chiffre d’affaires de 137,7 millions d’euros.
Voltify mise sur les batteries miniatures
Maxime Hallot, dirigeant de la start-up Voltify, porte de son côté une innovation de rupture, qui devrait trouver prochainement ses premiers débouchés dans l’aérospatial et la défense, puis dans la santé, à horizon 2027. Diplômé d’un doctorat en nanosciences et nanotechnologies à l’université de Lille, et par ailleurs passionné de miniaturisation, l’entrepreneur trentenaire s’est appuyé sur quinze années de recherche et développement pour fabriquer des batteries et conducteurs de la taille d’un grain de sable. "La plus petite fait deux fois l’épaisseur d’un cheveu", souligne le dirigeant.
Verkor lance sa gigafactory de batteries électriques
Dernier intervenant de cette tournée, l’entreprise grenobloise Verkor, qui va inaugurer le 11 décembre sa gigafactory de batteries électriques à Dunkerque. Fruit d’un investissement de 2 milliards d’euros, cette méga usine est implantée sur un terrain de 80 hectares.
Elle représentera à terme 1 200 emplois directs et 3 000 indirects. En capacité d’équiper près de 300 000 véhicules électriques par an, "Verkor assurera à terme un quart de la production des batteries pour véhicules électriques en France", revendique Enzo Ribeiro, directeur du financement de Verkor.