Entreprise du Futur, réseau d’accompagnement des dirigeants de PME et d’ETI, était à Rennes, les 18 et 19 mars, pour la troisième date de sa tournée anniversaire des dix ans en partenariat avec Le Journal des Entreprises. Un périple en cinq étapes - Mulhouse, Lille, Rennes, Bordeaux et Marseille - et autant de thématiques qui conduira à son congrès annuel à Lyon début juillet.
Excellence opérationnelle
L’événement rennais a démarré par une soirée conviviale pour présenter le réseau mais aussi le contexte économique local. À la manœuvre les deux ambassadrices d’Entreprise du Futur dans le grand ouest, Sylvie Casenave-Péré, présidente de Posson Packaging (Sarthe) et Emmanuelle Cadiou, présidente de Maison Cadiou (Finistère) mais aussi Tanguy Roudaut, directeur régional de Bpifrance, Eric Challan-Belval, président du Medef 35 et président associé de la feuille d’érable et Pascal Lorant, directeur régional de Cahra (Loire-Atlantique) partenaire du réseau.
Le lendemain matin était placé sous le thème de la performance industrielle et de l’excellence opérationnelle. Au programme plusieurs tables rondes avec les témoignages de dirigeants de PME et d’ETI, à commencer par celui de Sylvie Casenave-Péré, présidente de Posson Packaging, pionnière en matière de RSE (responsabilité sociale et environnementale) devenu pour l’entreprise sarthoise un enjeu d’excellence. "Diriger une entreprise, c’est un peu comme diriger un bateau, explique Sylvie Casenave-Péré. Il faut savoir donner un cap. La RSE doit être une des boussoles des entreprises. C’est un moyen de faire respecter ses engagements vis-à-vis de nos clients et de nos salariés". Nicolas Heuzé, PDG et cofondateur de Sweech Energy basé à Rennes, renchérit. "Pour nous qui travaillons dans les énergies renouvelables, la responsabilité environnementale est une évidence, remarque-t-il. Cependant, il faut être vigilant à garder ses objectifs quand l’entreprise grandit et intègre de plus en plus de salariés aux profils différents."
L’IA, un sujet "dont il ne faut pas avoir peur"
Autre sujet d’actualité au centre des échanges, le développement de l’IA au sein des entreprises. Un sujet qu’il faut "embrasser et dont il ne faut pas avoir peur", affirme Matthieu Mallédant, fondateur de Hoppen, créateur de solutions numériques à Cesson-Sévigné, pour améliorer le parcours des patients à l’hôpital. Ces technologies vont être diffusées largement dans la société et les entreprises et elles doivent devenir des leviers d’excellence opérationnelle. "Je veux libérer mes salariés de toutes les contraintes administratives pour recentrer leur travail sur des missions à forte valeur ajoutée, précise Emmanuelle Cadiou, présidente de Maison Cadiou, atelier de menuiserie à Locronan. Mais elle reconnaît que ces technologies font peur aux salariés qui craignent de perdre de leur travail. "Ce qui suppose beaucoup de pédagogie" affirme la dirigeante de l’entreprise bretonne
Le défi de la gestion des données
Une pédagogie indispensable également pour gérer les flux de données qui circulent au sein des entreprises, de manière éthique et avec l’appui des collaborateurs et des clients. La data est au cœur des préoccupations des dirigeants et elle peut améliorer la productivité de l’entreprise et la gestion de la relation client " à condition de récupérer la bonne donnée au bon moment pour en retirer la bonne information, dans la forêt de données qui peuvent être collectées chaque jour ", met en garde Youssef Miloudi, directeur chez Carl Berger Levrault. Des données qui ne doivent pas faire oublier les rapports humains qui restent primordiaux dans la relation client. " Le relationnel reste au cœur de notre métier, auprès de nos clients, comme de nos collaborateurs ", remarque Clément Quéguiner, président du groupe Quéguiner, producteur de matériau de construction à Landivisiau. "Accompagner les équipes vers ces transitions environnementales et digitales est une étape indispensable pour l’excellence opérationnelle de nos entreprises, il faut se faire accompagner par des gens qui ont déjà passé le pas", conclut Youssef Miloudi.
Les leçons d’un capitaine d’industrie
L’humain est également ce qui a toujours motivé Louis Le Duff, grand témoin de la matinée, venu transmettre quelques leçons entrepreneuriales acquises en cinquante ans d’expérience. Le grand patron breton, classé 47e fortune de France par notre confrère Challenges, dirige un empire de l’industrie agroalimentaire et de la restauration (Brioche dorée, Del Arte, Bridor, Le Fournil de Pierre, La Madeleine…) implanté de part et d’autre de l’Atlantique. Avec 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et 19 000 salariés le groupe Le Duff a toujours su bénéficier du tropisme américain de son fondateur qui a su adapter en France les concepts US de la néorestauration. L’industriel poursuit ses investissements outre-Atlantique (200 millions d’euros pour une nouvelle usine Bridor à Salt Lake City dans l’Utah) et garde le cap de la croissance avec quelques conseils simples fruits de l’expérience : rester toujours focus sur la qualité, savoir traverser les crises qui sont des opportunités à saisir quand on est suffisamment agiles et miser sur les hommes en les fidélisant. Des conseils particulièrement utiles en ces temps de grands chambardements économiques.