En faisant appel à un coach, Galapagos Gourmet renforce la cohésion de son Codir
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Christophe Basile directeur général de Galapagos Gourmet En faisant appel à un coach, Galapagos Gourmet renforce la cohésion de son Codir

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Directeur général de Galapagos Gourmet depuis juin 2024, Christophe Basile a fait appel à la société de coaching rennaise ETF Coaching pour travailler sur la construction d’une équipe dirigeante capable de répondre aux défis futurs de l’entreprise. Ce dirigeant de 54 ans expérimenté (Agrial, Eureden…) est un habitué des coachs. Ces "tiers de confiance" l’aident à conforter une vision d’entreprise, définir les rôles de chacun et créer un esprit de groupe.

Christophe Basile, directeur général de Galapagos Gourmet — Photo : Baptiste Coupin

Vous avez fait appel à la société rennaise ETF Coaching dirigée par Dalila Guillot à la rentrée 2024. Pour quelle raison ?

J’ai pris mes fonctions en juin 2024 à la direction de Galapagos Gourmet (540 salariés, 130 M€ de CA). Nous avons fait appel à ETF Coaching pour une mission de conduite du changement à la rentrée 2024 avec un coaching tourné vers les dix membres du comité de direction (Codir). Ce travail s’est effectué principalement lors d’un séminaire de 1 jour et demi à Cancale (Ille-et-Vilaine). L’idée, c’était de construire une cohésion d’équipe qui puisse embarquer les valeurs qu’on décide ensemble, de travailler efficacement ensemble, de communiquer ensemble et de résoudre les problèmes ensemble. J’ai pris la direction générale après une vacance de plusieurs mois. L’objectif, c’était aussi de redéfinir les règles et responsabilités de chacun.

Comment avez-vous préparé ce séminaire à Cancale, et comment le coach a-t-il pris part à ce travail ?

On a préparé le terrain avec la DRH. Il y a eu des entretiens individuels avec chaque membre du comité de direction pour savoir quelles étaient leurs attentes, comment ils se positionnaient. Ça permettait de mieux les connaître avant. Lors du séminaire, les dirigeants ont évolué dans différents jeux de rôle. Sur ce type d’exercices, la coach arrive à voir le comportement des uns et des autres dans un groupe. Elle retravaille, parfois de manière exagérée, des situations qui pourraient survenir au quotidien, pour savoir comment ils pourraient réagir pour le mieux. Quand il y a des événements contraignants, comme une cyberattaque, c’est souvent là qu’une équipe craque. Quand elle est soudée, ça n’arrive pas.


Avez-vous aussi été coaché ?

Non, parce que la coach me connaissait déjà et connaissait déjà mon parcours. Mais c’eut été logique autrement de le faire.


Pourquoi ce travail en groupe du Codir était-il nécessaire ?

Il y avait une conduite du changement à mener, donc c’était important de travailler avec toute l’équipe. Ce qui est important c’est que chacun ait son rôle. Dans un Codir, on a des gens qui ont la fibre industrielle, d’autres qui sont plutôt créatifs en marketing, d’autres encore qui sont des commerciaux dans l’âme. Ils n’ont pas du tout les mêmes profils. Mais quand ils doivent avancer en mode projet (en groupe de travail), on est contents que les gens arrivent à travailler ensemble et réussissent à surpasser leurs silos. Et c’est là où on a besoin d’un collectif fort.

Quelle est votre pratique du coaching à vous ?

Depuis que je suis directeur général (depuis 8 ans, NDLR), à chaque fois, ça m’a été proposé. La première fois, c’était chez Agrial. Le coaching est un outil puissant. C’est quelque chose qui se développe dans la sphère managériale.

Quels bienfaits vous offrent un coach à titre individuel ?

Je me connais mieux, je sais mieux avec qui je suis à l’aise, je suis plus efficace, je pense que je maîtrise mieux ma balance vie pro-vie perso, je sais mieux ce que je dois encore travailler. Ce qui fait la force entre un coach et son coaché, c’est vraiment aussi d’assumer les choses. Se dire qu’on n’a pas forcément besoin de changer, assumer qui on est et comment on agit.

Qu’attendez-vous d’un coach en tant que dirigeant ?

Ce que je recherche à chaque fois, c’est une aide pour construire le collectif. Préparer mon équipe de direction à travailler à mes côtés et m’assurer que la stratégie est bien alignée et bien reçue. Mais c’est aussi une ambition que l’équipe fonctionne bien. Chaque dirigeant a son spectre et son ADN, mais il y a quelques changements qui doivent pouvoir s’opérer, que ce soit dans le comportement, l’écoute, la posture…

"Cet aspect confiance dans la cordée est important pour monter tous ensemble"

Bien travailler avec un collectif, est-ce la clé de la réussite selon vous ?

Oui, c’est même un principe fondateur. Je suis un montagnard : cet aspect confiance dans la cordée est important pour monter tous ensemble. Une personne dans le Codir qui prend une décision, il ne la prend pas pour sa direction ou pour son client mais pour le bien de la structure.

Le Codir de Galapagos Gourmet au travail lors d’un séminaire à Cancale à la rentrée 2024 — Photo : Galapagos Gourmet

Quelles difficultés un coach vous a-t-il aidé à franchir par le passé ?

Essentiellement des difficultés de management lorsqu’il s’agit d’intégrer une personne dans un collectif. Ça n’est pas toujours évident, on est tous réfractaires au changement. Un coach nous aide à redéfinir le rôle et les responsabilités de chacun. Quand tout le monde est d’accord, la chaîne de position est claire et on sait qui décide !

"Ce qui fait la force entre un coach et son coaché, c’est d’assumer les choses"

Quelle idée aviez-vous du coaching avant de le pratiquer ?

J’avais plutôt en tête la vision performance, peut-être par rapport à ce que j’en percevais dans le milieu du sport. Mais j’ai découvert beaucoup d’autres palettes, sur la posture managériale, travailler l’inspiration ou le feedback. C’est-à-dire voir comment on aurait pu mieux appréhender certaines situations, individuellement ou en collectif. Le coaching permet aussi d’avoir de l’amélioration continue. On est soumis à beaucoup de tests pour savoir comment progresser.

Dans quelles conditions le travail entre le coach et le coaché vous apparaît-il le plus efficace ?

Il ne faut pas que le coaching soit décidé, il faut qu’il soit choisi par le dirigeant. Il faut qu’il y ait une connexion qui soit forte puisque ça requiert de la transparence. Il faut pouvoir se lâcher, dire ce qu’on ressent et accepter d’être poussé dans ses retranchements. Il faut vraiment qu’il y ait cette liberté de parole de part et d’autre. Il faut aussi savoir accepter la critique…


Et qu’en attendez-vous pour vos équipes ?

Si les gens sont contents d’aller au travail tous les jours parce qu’ils sont épanouis, c’est une réussite. On le voit dans le sport : les gens qui vivent bien ensemble développent une grosse performance. Il y a un effet multiplicateur qui n’est pas neutre et qui est très intéressant.


Quel projet d’entreprise menez-vous à la tête de Galapagos Gourmet ?

Notre objectif, avec le Codir et le Comex, c’est de faire croître nos trois marques phares : Gavottes, Traou Mad et Fossier. Et de nous préparer à l’avenir avec une politique RSE forte et une décarbonation actée.

Le travail avec la coach va-t-il vous permettre d’atteindre plus vite vos objectifs ?

On s’est donné six mois pour apprécier les bienfaits du séminaire de travail et du travail réalisé avec la coach. On a identifié les accents à mener, le groupe vit, il va vivre avec des avaries qui font son histoire, ou des succès. Mais c’est toujours s’assurer que ce qu’on s’était dit : le travail en commun, la confiance dans les uns les autres, d’aller vite, de se responsabiliser, que toutes ces choses-là soient bien prises en compte.
Il est possible qu’on fasse de nouveau appel à un coach sur d’autres audits.

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