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EDF clarifie sa position sur l'abandon du site de Cordemais
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EDF clarifie sa position sur l'abandon du site de Cordemais

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L'énergéticien français confirme son intention de stopper le projet Ecocombust visant à convertir la centrale à charbon de Cordemais à la biomasse. Le site, qui emploie aujourd'hui 340 salariés, devrait vraisemblablement stopper les activités liées au charbon en 2027. L'alternative proposée par EDF, une usine de fabrication de tuyaux pour l'industrie nucléaire, ne pourrait entrer en fonctionnement qu'en 2029.

Le projet Ecocombust de Cordemais semble définitivement enterré — Photo : Caroline Scribe

"Nous avons confirmé l'arrêt du projet Ecocombust aux salariés de la centrale de Cordemais". Olivier Lamarre, directeur de la division thermique d'EDF, regrette de ne pas avoir trouver "les conditions technico-économiques" pour un tel projet. Pourtant en septembre dernier, le président Emmanuel Macron s'était engagé dans la conversion de la centrale de Cordemais à la biomasse à l'horizon 2027. "Néanmoins cette décision appartient à EDF. Nous avons par ailleurs informé l'Etat qui est notre actionnaire", se défend Olivier Lamarre, qui précise qu'il n'y aura ni licenciement ou plan social.

Les mêmes conclusions qu'il y a trois ans

Il faut dire que le projet Ecocombust, qui visait donc à convertir la centrale à charbon (qui emploie 340 salariés) pour en faire une centrale à la biomasse n'en est pas à son premier rebondissement. En 2021, le projet était alors mené entre Suez et EDF, mais avait été stoppé, avant de redémarrer avec un autre grand partenaire, l'entreprise de recyclage de déchets industriels Paprec. "Nous revenons aux mêmes conclusions qu'en 2021. Malgré ce changement de partenaire", note Olivier Lamarre, qui se veut ferme. Il n'y aura pas de troisième partenaire. Les conclusions seraient encore les mêmes. Sur l'aspect technique, la centrale à biomasse est envisageable, mais le bilan économique semble très éloigné de celui espéré.

10 millions d'euros investis dans le projet Ecocombust

"Il faudrait qu'EDF s'engage sur plus de 15 ans et une quantité importante de pellets pour rendre l'opération réalisable. Or, le site de Cordemais a plus de 40 ans, et s'engager sur une telle durée ne serait pas raisonnable", appuie-t-il. Le projet Ecocombust a déjà nécessité plus de 10 millions d'euros d'investissement, dont 4 millions d'euros pour Paprec et 6 millions d'euros pour EDF.

Fermeture toujours envisagée à horizon 2027

Pour autant, EDF ne revient pas sur sa volonté de fermer la centrale de Cordemais à l'horizon 2027. "C'est un souhait affiché par la France de sortir du charbon cette année là", appuie Olivier Lamarre. Le directeur appuie sur la possibilité pour les salariés de rester dans l'entreprise jusqu'en 2029 afin de mieux redéfinir leur projet professionnel.

Une potentielle usine pour Framatome à venir

Hasard ou non du calendrier, c'est en 2029 que le site devrait trouver une nouvelle vocation et un avenir industriel. En effet, le fabricant de chaudières nucléaires Framatome, détenue à 75 % par EDF depuis 2018, envisage d'implanter une usine de fabrication de tuyaux sur le site de Cordemais. Mais le langage reste encore au conditionnel. "Cela fait quelques mois que nous penchons sur cette solution", dévoile Olivier Lamarre. Le site pourrait accueillir à ses débuts une centaine de salariés, avant de monter à terme à 200 employés. "Les budgets pour l'usine restent à détailler", précise de son côté Guirec Maugat, vice-président exécutif de Framatome France. Olivier Lamarre y voit une autre satisfaction, puisque une partie des 10 millions d'euros déjà investies sur le site, notamment dans la préparation du terrain, "seront utile pour Framatome".

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