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Défense : les entreprises du Grand Est en ordre de marche
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Défense : les entreprises du Grand Est en ordre de marche

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Les entreprises de la Défense prospèrent dans tout le Grand Est, où l’on observe une multiplication à la fois des carnets de commandes et des investissements. Une tendance qui pourrait se confirmer sur l’année 2026, dans un contexte de hausse des budgets militaires.

À Witry-lès-Reims, le site d’Aresia, seul fabricant mondial de réservoirs pour le Rafale, tourne à plein régime — Photo : Aresia

Dans le sillage des tensions internationales et de la hausse des budgets militaires, le Grand Est s’impose comme un territoire en mouvement dans l’économie de Défense. Longtemps cantonnées au rôle de sous-traitants, ses PME franchissent aujourd’hui un cap. Certaines surfent sur la dynamique enclenchée par la loi de programmation militaire, qui doit porter les crédits de la Défense à 57 milliards d’euros dès 2024.

Une forte demande

À Witry-lès-Reims, le site d’Aresia, seul fabricant mondial de réservoirs pour le Rafale, tourne à plein régime. L’entreprise (65 salariés, 10,3 M€ de CA en 2023) a annoncé passer de 6 à 15 réservoirs mensuels d’ici fin 2025. Même tempo accéléré pour Utilis, à Ennery, en Moselle, dont les solutions de campements tactiques voient leurs ventes bondir. Enregistrant un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros avant la guerre en Ukraine, la PME a dépassé les 30 millions d’euros, et construit un nouveau site de 2 000 m².

D'autres s’engagent sur ce terrain, comme la start-up Pangolin Défense, en Haute-Marne, qui produit 3 000 gilets pare-balles par mois, ou Euro Bengale, dans les Ardennes, désormais spécialisé dans le stockage d’explosifs. Le Fonds Ukraine a par ailleurs ouvert des perspectives à Cefa (Bas-Rhin), qui livre du matériel de déminage, et à Schiller Medical (Wissembourg), fournisseur de défibrillateurs pour les hôpitaux ukrainiens.

Un potentiel à déployer

Pour accompagner ce tissu industriel en mutation, le Cluster Aériades anime le programme Horizon 2026, en lien avec la DGA (direction générale de l’Armement) et la Région Grand Est. Le dispositif est destiné à structurer une véritable base industrielle et technologique de Défense (BITD) régionale. Mais l’intégration reste longue et exigeante. Certaines PME, comme le concepteur et fabricant de cartes électroniques alsacien ACEA, ont renoncé face aux contraintes réglementaires.

Le potentiel est néanmoins bien réel. Entre innovations de rupture, comme le drone supersonique développé par ALM-Meca (Bas-Rhin), et carnets de commandes qui se remplissent, le secteur pourrait devenir un moteur économique du Grand Est. À condition que l’État transforme les annonces en commandes fermes, condition indispensable pour sécuriser l’effort d’investissement des industriels.

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