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RDS finalise une nouvelle levée de fonds pour industrialiser son patch connecté de suivi des patients
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RDS finalise une nouvelle levée de fonds pour industrialiser son patch connecté de suivi des patients

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Deux ans après une première levée de fonds, RDS sécurise 14 millions d'euros pour accélérer la commercialisation de son patch connecté de suivi à distance des patients. Les fonds serviront également à financer l’industrialisation de la solution produite par la start-up strasbourgeoise qui projette de créer plusieurs centaines d’emplois d’ici 2035.

Elie Lobel, président et cofondateur de RDS, qui a levé 28 millions d’euros depuis sa création en 2020 — Photo : Clement LUCK

La medtech strasbourgeoise RDS lève 14 millions d’euros pour accélérer le développement de sa solution de monitorage MultiSense, du nom de son patch connecté de suivi à distance des patients. Ce tour de financement de Série A, majoritairement mené auprès du fonds SPI, géré pour le compte de l’État par Bpifrance, intervient deux ans après une première levée de fonds de 13 millions d'euros auxquels s’ajoute 1 million d’euros supplémentaires à partir de financements non dilutifs français et européens dont RDS a bénéficié.

Si ce nouveau tour de table inclut les autres investisseurs historiques de RDS, comme MACSF et Capital Grand Est, il voit l’arrivée du fonds parisien Critical Path Venture au sein de son capital. Par conséquent, Laurent Monnin, directeur d’investissement senior chez Bpifrance, et Nicolas Foessel, représentant de Critical Path Ventures, rejoignent le conseil stratégique de la société alsacienne qui emploie actuellement une vingtaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires "de quelques centaines de milliers d’euros en 2024 qui ne reflètent pas encore le potentiel économique de la société".

Plusieurs centaines d’emplois créés d’ici 2035

Cette deuxième levée de fonds doit permettre à RDS d’accélérer le développement de son dispositif de télésurveillance médicale auprès du corps médical. Validée cliniquement et après avoir obtenu en 2024 le marquage CE, son innovation est en cours de déploiement dans une quinzaine d’établissements hospitaliers en France, Belgique et en Allemagne. "Cet investissement nous donne les moyens d’accélérer notre croissance commerciale en Europe", indique Elie Lobel, président de RDS.

"Nous allons pouvoir déployer plus largement notre solution auprès des hôpitaux, étendre son impact au bénéfice des soignants et des patients tout en contribuant à la souveraineté nationale française dans le domaine des dispositifs médicaux", poursuit-il.

Ainsi, la société prévoit de créer plusieurs centaines d’emplois d’ici 2035 notamment pour renforcer ses équipes commerciales face à une demande croissante. Soutenue par le dispositif France 2030, la medtech s’inscrit dans "la médecine de demain", aux yeux de Magali Joëssel. "Cette levée de fonds lui donne les moyens de devenir un acteur de référence du télé-suivi postopératoire", souligne la directrice du fonds SPI de Bpifrance.

Une industrialisation en partenariat avec l’alsacien ACEA

Ces 14 millions d'euros serviront également à financer l’industrialisation de la solution de RDS aujourd’hui assemblée dans les locaux de la medtech au sein de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg. Demain, la jeune pousse envisage de passer d’un "process encore artisanal à un process industriel" dans le cadre de la montée en puissance de ses capacités de production et de reconditionnement. Pour cela, elle compte s’appuyer sur ACEA (CA 2024 : 18 M€ ; 70 salariés), fabricant de matériel électronique implanté à Gundershoffen (Bas-Rhin), son partenaire industriel.

Le marché américain dans le viseur de RDS

Deux autres axes de développement figurent sur la feuille de route de la medtech alsacienne à plus long terme. Dans un premier temps, le lancement d’essais cliniques complémentaires pour appuyer ses dossiers de validation auprès de la Sécurité Sociale en France et en Europe pour un remboursement du patient. Puis la préparation de l’enregistrement de son patch connecté auprès de la Food and Drug Administration (FDA), en vue d’une entrée sur le marché américain en 2028. "Le lancement commercial sur un marché aussi vaste pourra nécessiter des moyens importants, surtout s’il se fait en direct. La question d’une levée de Série B se posera alors naturellement", font savoir les dirigeants de RDS.

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