ACEA fait entrer Capital Grand Est à son capital pour asseoir sa croissance sur le marché de l’électronique
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ACEA fait entrer Capital Grand Est à son capital pour asseoir sa croissance sur le marché de l’électronique

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Le fonds Capital Grand Est annonce investir 1,5 million d’euros au capital du sous-traitant électronique ACEA. L’Alsacien espère ainsi poursuivre sa croissance et atteindre une rentabilité pérenne. L’entreprise vise les 20 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2027 et envisage déjà une croissance externe.

Thierry Mohr, président de la société ACEA (à gauche) et Amir Elias, directeur de participations chez Capital Grand Est (à droite) ont travaillé ensemble à cet investissement — Photo : Capital Grand Est

Implanté à Gundershoffen, dans le Bas-Rhin, le sous-traitant électronique ACEA (CA : 18 M€ ; 70 salariés) connaît une croissance soutenue depuis sa reprise en 2011 par Thierry Mohr et plusieurs cadres de la société. L’Alsacien a en effet fait évoluer son chiffre d’affaires de 5 millions d’euros en 2011 et espère dépasser les 20 millions d’euros à horizon 2027.

Pour asseoir sa croissance, l’entreprise a fait entrer le fonds d’investissement régional Capital Grand Est à son capital. Ce dernier annonce un investissement de 1,5 million d’euros. "Notre soutien vise à lui donner les moyens d’accélérer son développement, d’adapter son organisation aux nouvelles exigences industrielles et de saisir les opportunités stratégiques qui se présentent à elle", explique dans un communiqué Amir Elias, directeur de participations chez Capital Grand Est. Il s’agit de la première levée de fonds réalisée par l’entreprise, dont Thierry Mohr reste l’actionnaire majoritaire, depuis sa reprise.

Poursuivre une stratégie de transformation

"Cette nouvelle phase est essentielle pour ACEA : nous avons connu une forte croissance et devons aujourd’hui structurer nos opérations pour garantir une rentabilité pérenne", lance Thierry Mohr. Avec l’arrivée de Capital Grand Est, ACEA souhaite poursuivre sa stratégie de transformation. "Sur les trois dernières années, nous avons engagé 2,5 millions d’euros d’investissement sur l’outil de production, ce qui nous a permis d’avoir une progression du chiffre d’affaires et d’intéresser de nouveaux clients", explique Thierry Mohr, président de l’entreprise. L’opération a permis à l’entreprise de moderniser et d’automatiser une partie de sa production. "Nous sommes positionnés dans un milieu très technologique, demandant un haut niveau d’excellence : l’objectif est d’offrir à nos clients un large panel de prestations", précise Thierry Mohr.

Ancienne filiale d’Alcatel et de Woerth Électronique, ACEA propose des solutions globales allant de la co-conception à la fabrication de cartes électroniques et d’ensembles électroniques pour plusieurs secteurs, dont la sécurité, le ferroviaire, les télécommunications, le médical, la domotique ou encore l’électrique industriel. "Si nous pouvons nous positionner sur un autre secteur, nous irons. Mais il y a des limites, nous n’avons pas vocation à nous éparpiller. Par exemple, la Défense demande trop de contraintes et il faudrait engager des investissements colossaux", cible Thierry Mohr.

Une trentaine d’embauches

Le financement doit également permettre à l’entreprise de fortifier son assise financière. "Nous voulons renforcer l’ensemble de la structure d’ACEA : Capital Grand Est va nous permettre d’accélérer plus rapidement", annonce le dirigeant. L’opération doit aussi permettre de grossir les rangs de l’entreprise. "Nous allons renforcer la partie commerciale et management notamment, pour pérenniser un haut niveau d’activité", anticipe Thierry Mohr. Une trentaine d’embauches, notamment de commerciaux, devraient avoir lieu dans les prochaines années.

Une croissance externe dans le viseur

Pour encourager cette croissance, ACEA prévoit d’opérer une croissance externe, dans le Grand Est ou au-delà. "Nous sommes en veille. Toute entreprise qui peut nous apporter de la synergie et de la complémentarité peut nous intéresser", dévoile Thierry Mohr. À ce stade, ACEA n’a pas encore ciblé d’entreprises, même si "des opportunités sont d’ores et déjà à l’étude", précise l’entreprise.

Des relocalisations

"La volonté de renforcer la souveraineté industrielle aux niveaux européen, et national, ouvre des perspectives favorables à long terme pour le secteur. Alors que la filière avait été profondément affaiblie par les vagues de délocalisations massives vers l’Asie dès les années 2000, nous constatons aujourd’hui une dynamique de relocalisation et de réindustrialisation, qui bénéficie à des acteurs comme ACEA", analyse Amir Elias. En parallèle, ACEA se positionne également à l’export, même si la majorité de son activité reste en France. "Certains de nos clients historiques nous ont amenés à travailler à l’international", décrit Thierry Mohr.

Un marché en demi teinte

"Nous évoluons sur un marché complexe. La période post-Covid a amené de nombreuses problématiques de matières et de transport, qui ont pénalisé les entreprises du secteur sur leur trésorerie. C’est assez inégal : certains acteurs du marché se portent bien, quand d’autres n’ont pas réussi à se relever et sont en difficulté", analyse Thierry Mohr.

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