Lille
La start-up InBrain Pharma cherche à lever 52 millions d’euros pour entrer en phase industrielle
Lille # Santé # Levée de fonds

La start-up InBrain Pharma cherche à lever 52 millions d’euros pour entrer en phase industrielle

S'abonner

La biotech lilloise InBrain Pharma a publié le 7 janvier dans la prestigieuse revue Nature, les résultats concluants de son étude de phase II. Menée depuis 2020, elle montre les bénéfices de son dispositif de perfusion cérébrale contre les effets de la maladie de Parkinson. L’entreprise cherche donc à lever des fonds, visant une mise sur le marché pour les années 2030.

Les professeurs Devos et Moreau, cofondateurs d’InBrain Pharma, montrent le dispositif de perfusion cérébrale mis au point par la biotech — Photo : InBrain Pharma

C’est un accomplissement pour InBrain Pharma, et un espoir pour tous les malades de la maladie de Parkinson. La biotech lilloise a été fondée en 2018 à Eurasanté, sur la base de recherches entamées en 2004. Elle a publié début janvier 2025, dans la très réputée revue médicale Nature, les résultats de son essai clinique de Phase II portant sur son dispositif innovant de perfusion cérébrale. Depuis 2020, douze patients atteints de la maladie de Parkinson, la deuxième maladie neurodégénérative la plus répandue après Alzheimer, sont suivis au CHU de Lille. Avec des résultats très encourageants pour la gestion des symptômes et l’amélioration de la qualité de vie des patients, comparés à l’ensemble des protocoles existants, assure l’équipe dirigeante d’InBrain Pharma.

"Aujourd’hui, les patients sont traités avec de la L-Dopa, par voie orale. Mais c’est beaucoup de contraintes, avec parfois des prises toutes les deux heures pour limiter les symptômes, des effets secondaires importants à la longue, et relativement peu d’effets puisque la dopamine délivrée oralement a du mal à passer la barrière cérébrale. D'autres options de traitements existent, comme la stimulation cérébrale profonde avec la pose d'électrodes dans le cerveau, ou encore des médicaments délivrés par des perfusions sous cutanées ou entérales, mais ces solutions restent très peu adoptées par les patients, car très contraignantes au quotidien", présente la professeure Caroline Moreau, neurologue et cofondatrice d’InBrain Pharma avec le docteur Matthieu Fisichella et le professeur David Devos.

Deux innovations majeures

InBrain Pharma estime donc que sa solution de perfusion cérébrale représente une "troisième option prometteuse", reposant sur deux innovations majeures : la stabilisation de la dopamine d’abord, qui peut désormais rester en réserve dans le corps du patient sans se dégrader. Et ensuite, la pompe elle-même, qui délivre la juste dose de dopamine, au bon endroit, et dont l’implantation ne représente pas de risque chirurgical pour le patient. "C’est posé en ambulatoire, les patients sont opérés le matin et sont mobiles l’après-midi même", présente l’équipe. "Le dispositif est entièrement interne, il n’y a rien de visible à l’extérieur du corps."

Au-delà de la prouesse technique, les effets de cette dopamine délivrée sur-mesure sont très encourageants, insiste InBrain Pharma : les patients traités ont récupéré en moyenne 4,4 heures quotidienne de maîtrise parfaite de leurs mouvements, pour un total de 6,6 heures de temps avec une "autonomie fonctionnelle". Le temps où ils sont sujets à des tremblements et des mouvements involontaires, très pénalisants socialement voire paralysants, est lui, drastiquement réduit. Ils gagnent en qualité de vie et leur autonomie est prolongée.

Objectif industrialisation

Désormais, c’est une phase industrielle qui attend InBrain Pharma. La Biotech, qui emploie 9 personnes et n’a levé, depuis sa création, que 4 millions d’euros pour financer ses recherches et son essai (50 % dilutif, 50 % non-dilutif), vise plus gros. "Nous sommes en train de lever 52 millions d’euros, avec un closing espéré au plus vite. Ces fonds nous permettront d'initier la phase III, d’industrialiser la production de notre dopamine stabilisée avec un sous-traitant français, et de recruter pour structurer l’entreprise dans cette nouvelle phase", résume le Dr Véronique Foutel, présidente de l’entreprise depuis mai 2024. Avec pour horizon, une mise sur le marché au début des années 2030.

Lille # Santé # Levée de fonds # Start-up