Avec 60 000 emplois civils et militaires et 500 entreprises répertoriées, la filière Défense constitue un secteur clé pour le territoire breton, et la Région Bretagne, cheffe de file du développement économique, entend amplifier cette dynamique. C’est tout le sens d’un grand événement qu’elle organisait jeudi 28 mai, à Rennes, en présence des grands donneurs de cette industrie (Thales, Safran, Naval Group…) et de PME-ETI représentatives de la base industrielle et technologique de Défense (BITD). À cette occasion, le président de Région, Loïg Chesnais-Girard, a détaillé un ensemble de mesures visant à soutenir les "maillons essentiels" de ce secteur, ceux évoluant dans l’électronique, la cybersécurité ou le numérique.
Un booster Défense pour la filière
Dans son plan d’attaque, la Région Bretagne prévoit déjà la mise en place d’un accélérateur dédié, "Booster Défense". Il verra le jour à la rentrée 2026 et vise à accompagner les entreprises innovantes sur des sujets comme la cybersécurité ou l’export. Des solutions de financement adaptées sont également prévues. Un fonds de Bpifrance, abondé par la Région, permettra de débloquer des prêts de 50 000 à 500 000 euros sur 7 à 10 ans. Un "Pass Défense", lui, consistera en une subvention régionale pour les investissements des entreprises. Objectif : aider les industriels à gagner en compétitivité et à augmenter leurs capacités de production.
Répondre aux besoins en compétences
Autre axe : adapter la formation et répondre aux besoins en compétences. "On a besoin de gens capables de faire des boulons spécifiques, dans des métaux adaptés pour le Rafale, jusqu’à de la cyber qui va protéger les systèmes de santé, ou pour que nos bateaux, civils ou militaires, ne soient pas hackés sur les routes du monde", souligne le président de Région.
Il était présent quelques jours plus tôt chez Safran, à Chartres-de-Bretagne, au sud de Rennes, dont la nouvelle usine de fabrication de pales de turbines pour les moteurs Rafale favorisera la création de quelque 500 emplois à horizon 2032. Un CFA établit à Bruz, au pied de l’usine, servira les besoins en formation des futurs apprentis. Dernier point sur la feuille de route de la Région : faciliter la coopération entre les différents acteurs, tels que les pôles de compétitivité et les clusters.
En totalité, la Région Bretagne mobilise 7 millions d’euros au bénéfice des entreprises de la filière. Une enveloppe issue de fonds européens dont elle a la gestion.
"Accompagner la montée en cadence"
Dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques accrues et alors que l’autonomie stratégique devient un enjeu majeur pour la France et l’Europe, Benoît Laroche de Roussane, directeur de l’industrie de Défense à la Direction générale de l’Armement, se réjouit de ces annonces. "C’est la clé pour que nous puissions déployer, en bonne intelligence et en bonne articulation, l’ensemble des priorités qui sont les nôtres, c’est-à-dire attirer les talents et aider nos entreprises à se renforcer et investir […] pour accompagner la montée en cadence dont nous avons besoin", rend compte cet ingénieur des mines en chef.
Un prochain centre de l’OTAN à Rennes ?
Dans cet écosystème défense breton en train de se muscler, Rennes pourrait bientôt recevoir une bonne nouvelle. La ville serait pressentie par l’OTAN pour accueillir un centre d’excellence consacré à l’intelligence artificielle. Il confirmerait la montée en puissance de la Bretagne sur les enjeux d’IA appliquée à la Défense, à la cybersécurité et à la souveraineté technologique. L’annonce de la ville hôte est attendue début juin. Pas de commentaire sur le sujet ni de la part du représentant de la DGA, ni du président de Région.
Quid de nouveaux projets industriels en Bretagne orientés Défense ? Des annonces pourraient-elles être faites le 1er juin prochain, lors de l’événement Choose France ? "N’y comptez pas trop. Il y a déjà eu des annonces sur les énergies marines renouvelables et les nouvelles frégates", précise Loïg Chesnais-Girard. Mon sujet, en ce moment, c’est la place (pour accueillir les industriels). Et trouver des hommes et des femmes (pour répondre aux besoins en main-d’œuvre)."