C’est un projet qui a nécessité "100 000 heures de travail", comme l’a indiqué Fabien Napolitano, directeur général d’Exail Technologies (2 500 salariés, 479 M€ de CA en 2025). Et ça s’est principalement passé à Lannion, où l’entreprise parisienne, qui est en passe d’être rachetée par le groupe français Safran (les deux entreprises sont entrées en négociations exclusives le 26 juin 2026) possède deux sites, 300 salariés, qui fabriquent des fibres optiques, des systèmes de navigation, des accéléromètres et des simulateurs.
100 000 heures de travail pour ce projet
C’est pour cette dernière activité que le projet aux 100 000 heures de développement et de construction depuis décembre 2022 a été réalisé. Il s’agit d’un simulateur "full flight", grandeur nature, de l’avion de détection et de commandement Awacs, dont dispose l’Armée française. Un développement dont le coût restera secret, réalisé pour Air France, titulaire du contrat de maintenance des Awacs pour Airbus, en collaboration avec la Direction générale de l’Armement.
Les pilotes viendront à Lannion pour utiliser le simulateur
"Ce simulateur unique au monde permettra aux équipages de l’Armée de l’Air de répéter des procédures normales, mais également de s’entraîner à gérer les situations les plus complexes, de développer des réflexes indispensables aux missions les plus exigeantes, commente Charles Le Bot, ancien pilote et directeur des sites Exail Lannion. La simulation moderne, et celle que l’on propose, permettent de préparer l’imprévisible tout en améliorant la sécurité des vols, l’efficacité des missions et la maîtrise des coûts." Ce simulateur restera installé à Lannion pendant une dizaine d’années. Ce sont les pilotes et techniciens qui se déplaceront dans la cité costarmoricaine pour l’utiliser.
Les grands projets profitent aux produits sur étagères
L’activité simulateur d’Exail Lannion compte plusieurs projets encore en développement, notamment pour l’Armée de l’air comme client final, dans le domaine de l’entraînement initial notamment. "La Défense représente désormais deux tiers de notre activité, en progression, reprend Charles Le Bot. Ces grands projets influent sur nos produits sur étagère." Des produits customisés à destination par exemple des autos-écoles pour des simulateurs routiers (20 % de l’activité contre 70 % pour l’aérien) et même maritime.
Les murs ont été rachetés pour étendre l’activité
Comme sa maison mère, dont le chiffre d’affaires a progressé en 2025 de 28 % sur un an, Exail Lannion voit son activité progresser. Pour avoir la maîtrise de ce développement, l’entreprise a racheté à Lannion Trégor Communauté les deux bâtiments qu’elle occupe à Lannion. Une opération qui a eu lieu en décembre 2025 pour un montant de 2,9 millions d’euros HT. Elle a aussi annoncé un plan d’investissement de 10 millions d’euros sur ces sites, incluant des travaux de rénovation et un programme d’amélioration thermique.
Ces travaux ont débuté ces derniers mois avec l’implantation de plusieurs cellules de fabrication de centrales inertielles (systèmes de navigation de haute précision) autre grande activité d’Exail à Lannion avec les fibres optiques. "Ces travaux ont pour but d’augmenter notre surface et notre capacité de production", pointe Erwann Abgrall, directeur de programme Exail.