Le projet de campus de data centers de Data4 à Escaudain (Nord) franchit une étape décisive. Quelques mois après avoir été désigné partenaire exclusif par la Communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut pour réhabiliter l’ancienne friche Usinor du Parc des Soufflantes, le groupe parisien qui conçoit, construit et opère des datacenters, confirme la faisabilité du projet et annonce un investissement de 5 milliards d’euros. À terme, le site de 33 hectares, doté d’une puissance de 700 MW, accueillera quatre datacenters et devrait générer 2 400 emplois permanents.
De la sidérurgie à l’intelligence artificielle
Présenté comme le plus important projet porté par Data4 (76,5 M€ de CA en 2024) en France, le futur campus est destiné à accompagner le développement du cloud et de l’intelligence artificielle, tout en renforçant la souveraineté numérique européenne. Le groupe rappelle que 80 % des données des Français sont actuellement hébergées aux États-Unis et voit dans cette implantation un moyen de consolider les capacités d’hébergement sur le territoire. "Nous allons pouvoir redynamiser ce territoire grâce à l’industrie numérique et construire les infrastructures souveraines, durables et compétitives dont la France et l’Europe ont tant besoin", souligne Olivier Micheli, président-directeur général de Data4.
Le projet bénéficie d’ailleurs d’une procédure accélérée mise en place par l’État et RTE pour favoriser l’implantation de data centers sur des sites disposant des infrastructures nécessaires et pouvant être rapidement raccordés au réseau électrique.
Création d’un écosystème
Au-delà de l’investissement, ce projet s’inscrit dans la reconversion d’un ancien site sidérurgique en pôle technologique. Les travaux préparatoires et études complémentaires se poursuivront au cours des douze prochains mois avant une construction progressive des quatre bâtiments. Data4 annonce encore la création d’un pôle de formation, de recherche et d’entrepreneuriat baptisé "Data4 Pour Tous", développé avec les acteurs locaux. Pour Aymeric Robin, président de la Communauté d’agglomération de La Porte du Hainaut, ce projet doit permettre "d’effacer les derniers stigmates d’une ère industrielle pour ouvrir une nouvelle ère, plus technologique."
Cette implantation s’inscrit dans une stratégie européenne plus large. Le groupe, qui exploite déjà dix campus dans six pays européens, prévoit d’investir plus de 20 milliards d’euros dans le développement de ses infrastructures d’ici 2030, dont 5 milliards d’euros pour le seul campus d’Escaudain, appelé à devenir l’un des principaux hubs européens dédiés à l’intelligence artificielle.