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Damart veut recycler ses 55 tonnes annuelles de chutes de textile dans sa production
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Damart veut recycler ses 55 tonnes annuelles de chutes de textile dans sa production

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Avec le projet Recylactyl, l’enseigne d’habillement roubaisienne Damart compte revaloriser l’intégralité des chutes de production de son fameux Thermolactyl. Dans les prochaines semaines, le programme va entrer en phase d’industrialisation, pour permettre à la marque d’intégrer ces fibres dans ses nouvelles collections d’ici deux ans.

Damart accélère sur l’écoconception de ses produits, pour contrer la fast fashion et sortir du rouge — Photo : Florian Léger

En 2023, Damart a planté les graines de Recylactyl, projet phare d’une trajectoire RSE qui insiste largement sur l’écoconception. À travers lui, l’enseigne d’habillement roubaisienne (2 000 salariés, 362M€ de chiffre d’affaires) vise à recycler les 55 tonnes annuelles de chutes de coupe issues de sa production de sous-vêtements en Thermolactyl, sa fameuse fibre anti-froid.

Une initiative aujourd’hui assurée de sa faisabilité technique et qui se prépare à entrer dans une phase plus industrielle. Il s’agit désormais d’intégrer ces fibres "dans tous les articles du dressing" résume Romain Devooght, responsable innovation de l’entreprise. Damart se verrait bien lancer de premiers produits d’ici deux ans.

Vers 70 % de matière recyclée

L’enjeu et l’ampleur de l’initiative se constatent également dans le degré de recyclage du Thermolactyl même, composé pour moitié de polyester, l’autre étant constituée d’acrylique. Actuellement, Damart assure recycler 50 % des composantes en polyester, quand la moyenne du matériau valorisé dans la mode ne dépasse généralement pas les 14 %. Avec Recylactyl, l’entreprise roubaisienne ambitionne de monter encore la part de matière recyclée dans l’écoconception et de passer à 60 %, voire à 70 % pour le futur lancement commercial de ses nouveaux produits.

"Nous sommes en train de tester les limites du processus, confie le responsable innovation de Damart. Il y a toujours des barrières au réemploi de matières recyclées. Malheureusement, cela va appauvrir la fibre : cela fait partie des réalités industrielles… Notre challenge a été de conserver un maximum de ses caractéristiques".

Contrer la fast fashion

L’industrialisation et tout le processus d’effilochage, cardage et refilage des fibres sont testés "chez plusieurs partenaires européens", indique l’entreprise, citant le CETI, le Centre Européen des Textiles Innovants, à Roubaix-Tourcoing. "Ce projet s’inscrit dans un ensemble d’engagements en faveur de l’écoconception. On est très loin du greenwashing. Ce n’est pas juste un tampon, défend Filiep Blontrock, nouveau directeur général France et Belgique de Damart. C’est une manière de s’opposer au fast fashion. C’est toute la chaîne qui est concernée".

Se diversifier pour sortir du rouge

Recylactyl ouvre également la voie à une diversification commerciale de Damart, dont le chiffre d’affaires 2023 s’inscrit en retrait de 8 %, au lendemain de la publication de résultats contrastés de sa maison mère Damartex, "sortie de la zone rouge", selon les mots de son président du directoire, Patrick Seghin.

"Nous créerons des produits en partenariat avec d’autres industriels, qui seront commercialisés par Damart", esquisse Romain Devooght. La marque nordiste projette donc le lancement de modèles de doudounes, couettes, semelles, sous-vêtements, prêt-à-porter… "Ce programme vise à englober toutes les typologies de produits", ajoute-t-il. Outre le recyclage, Damart vient de se lancer dans la réparation de fibres, en collaboration avec la start-up vendéenne Les Réparables. La démarche est actuellement en test dans son magasin vitrine de la rue Faidherbe, à Lille. Avec, là aussi, l’ambition d’aller plus loin.

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