Quelle est la situation actuelle dans l'entreprise Guillouard ?
« Malheureusement, la société va fermer. En cause, les mauvais résultats économiques de ces trois dernières années et des demandes de mises aux normes environnementales de l'administration. Nous n'avons pas les moyens d'effectuer les travaux.
À quel horizon est prévue la fermeture de l'entreprise ?
« Elle fermera a priori en avril ou en mai. Il s'agit d'une fermeture amiable, sans dépôt de bilan, ni liquidation judiciaire.
En 2010, l'entreprise réalisait 5,8 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 70 salariés. Où en êtes-vous aujourd'hui ?
« Le chiffre d'affaires tourne plutôt autour de 4,8 millions d'euros désormais avec 47 personnes.
Que vous demande exactement l'administration sur le volet des mises aux normes environnementales ?
« Les coûts seraient faramineux. En raison de nos activités de traitement de surface, on nous demande de faire des bassins de rétention pour les eaux d'incendie en cas de pollution car l'entreprise est classée ICPE (NDLR : installation classée pour la protection de l'environnement). Cette mise aux normes serait plus simple sur un nouveau bâtiment. Mais sur un bâtiment ancien, c'est quasiment impossible. Notre cabinet d'étude ne trouve pas de solution technique.
C'est donc cette demande de l'administration qui a déclenché cette situation ?
« Depuis trois ans, nous perdons beaucoup d'argent. Ces travaux, c'est un mur qui se dresse devant nous !
Avez-vous une idée du montant nécessaire pour réaliser les travaux ?
« Les premières demandes de l'administration évoquaient plusieurs millions d'euros. Maintenant, elle revoit ses montants à la baisse.
Pourquoi l'entreprise perd-elle de l'argent ?
« Guillouard est l'une des dernières entreprises en France à fabriquer des produits galvanisés à chaud. Nous sommes concurrencés par les produits chinois ou d'Europe de l'Est. En Afrique noire francophone, les lampes tempêtes chinoises sont vendues dix fois moins chères que les nôtres. Nous avons tout fait pour trouver une solution à nos difficultés... En 2013/2014, pour compenser la baisse de la production, nous avons cherché à développer l'activité de négoce qui est passée de 10 à 20 % du chiffre d'affaires.
Qu'allez-vous faire des 20.000 m² d'atelier sur le Boulevard des Martyrs nantais qui appartiennent à la holding de tête de Guillouard ?
« Aujourd'hui, nous ne sommes pas vendeurs. Notre priorité est de reclasser le personnel.
Vous êtes-vous posés la question de relancer la société sur un autre site ?
« Guillouard dispose de quatre bains de 30 tonnes de zinc enterrés à deux mètres sous le sol et d'une centaine de presses. Déménager nécessiterait des sommes énormes alors que l'entreprise n'est pas rentable.
Qu'allez-vous faire ?
« Nous allons maintenir l'activité de la société commerciale Guillouard Distribution en nous concentrant sur une activité de négoce. Elle rejoindra notre site de Haute-Marne qui abrite notre coutellerie (NDLR : qui emploie 31 salariés).
Avez-vous trouvé des solutions pour reclasser les 45 salariés de Guillouard ?
« Certains ont dix ans d'ancienneté. On ne peut pas les laisser tomber comme ça. J'ai fait appel à un cabinet de reclassement et à des sociétés d'intérim. J'ai aussi écrit à des entreprises métallurgiques de la région nantaise susceptibles d'être intéressées par les compétences rares de nos salariés. J'ai quelques touches, mais rien n'est fait... ».
Créée à Nantes en 1911, la société Guillouard connue pour ses lampes à pétrole ou ses seaux en acier, va mettre la clef sous la porte. Son président, Éric Sirvin, revient sur les difficultés de l'entreprise.