Moins d’un an après avoir célébré son centenaire dans son fief colmarien, l’entreprise Geismar ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Placée en redressement judiciaire depuis le 1er avril, l’entreprise considérée comme un emblème du secteur ferroviaire français est reprise par le consortium mené par Sandton Capital Partners, fonds d’investissement d’origine nord-américain, Verdoso, société parisienne de participations industrielles, et MegaRock, partenaire historique de Geismar implanté en Chine, et spécialisé dans la recherche et le développement de technologies pour les voies ferrées à grande vitesse.
641 des 700 salariés conservés
Deux autres offres, portées par un fonds d’investissement britannique et le groupe industriel français Cahors Holding qui conçoit et fabrique des équipements pour les réseaux de distribution d’énergie et de télécommunications, étaient également en lice. Le tribunal des affaires économiques de Nanterre a tranché en faveur de la proposition qui limitera les dégâts sur le plan social. Le consortium retenu prévoit de conserver 641 salariés sur les quelque 700 collaborateurs qui composent l’effectif actuel de la société qui possède des sites de production à Colmar, Marseille, en Isère, ainsi qu’en Italie et aux États-Unis.
Un plan d’investissement à 20 millions d’euros
Spécialisée dans la conception et la fabrication d’équipements pour l’installation, la maintenance et l’inspection des voies ferrées, Geismar réalisait l’essentiel de son chiffre d’affaires à l’étranger, bien que le dernier communiqué remontant à 2015 fît état de 132,50 millions d’euros, en exportant dans près de 120 pays. Face à la concurrence en provenance d’Asie, l’entreprise alsacienne, dont le siège se trouve à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), avait engagé un plan social en 2020 entraînant la baisse de ses effectifs dans la préfecture du Haut-Rhin. Ces derniers temps, elle aurait cumulé les difficultés financières malgré un carnet de commandes plutôt fourni.
Pour tourner la page, le trio de repreneurs a rebaptisé l’entreprise centenaire en Geismar Rail Industry Technologies & Services (GRITS). Dans un communiqué, il annonce "un investissement initial substantiel de 20 millions d’euros, sans recours à l’endettement" censé permettre "la relance rapide de la production et d’investir dans le développement de nouveaux produits".
Une nouvelle gouvernance pour améliorer la rentabilité de l’entreprise
La gouvernance de l’ETI se voit également chamboulée avec l’intégration au conseil de surveillance de Patrick Jeantet, ancien directeur général de SNCF Réseau et président de la Fédération des Industries Ferroviaires. TSO, filiale ferroviaire du groupe NGE, via la société Orme Invest, et Novium, spécialiste des équipements de maintenance ferroviaire, font également leur entrée au capital.
"Cette gouvernance renouvelée permettra non seulement d’orienter efficacement le redéploiement de Geismar, mais également d’initier, à terme, une consolidation de la filière installation maintenance ferroviaire en France, avec l’ambition de constituer un champion national capable de rivaliser avec les grands acteurs mondiaux", poursuivent les dirigeants du consortium.
À l’échelle hexagonale, 181 sur 235 emplois seront préservés à Colmar et 20 sur 29 à Marseille d’après le plan de reprise. À l’inverse, le site Geismar Alpes, basé à Saint-Didier-de-la-Tour (Isère), conservera la totalité de ses effectifs (143). Nicolas Yatzimirsky, président, et Rudy Hayat, directeur commercial, restent à la tête de l’entreprise.
Le groupement indique vouloir "renforcer la position de leader" de Geismar "dans un secteur en pleine expansion, porté par les enjeux de la transition écologique et de la mobilité durable" après avoir "élaboré une feuille de route claire pour améliorer la rentabilité de l’entreprise tout en conservant sa capacité d’innovation".