Alors qu’Emmanuel Macron réunissait ce 26 mai les acteurs du monde économique pour accélérer le chantier du tout électrique dans l’Hexagone, visant à diminuer la part d’énergie fossile consommée dans le pays pour augmenter la part d’électricité dans le mix énergétique, Enedis exposait ce même jour dans la cour de l’Élysée son robot d’intervention sous tension. Une innovation dévoilée il y a sept mois en Lorraine, territoire où il a été imaginé par les techniciens de l’énergéticien. "Aujourd’hui, près de 60 % de l’énergie consommée en France est fossile. L’objectif est d’inverser la tendance, en électrifiant. […] Pour reprendre les mots du Président, parler d’électrification, c’est parler d’indépendance, de décarbonation et d’emploi industriel", appuie Hervé Luthringer, directeur Grand Est d’Enedis, qui compte 2300 salariés dans la Région.
Dans le Grand Est, Enedis cible trois axes d’action pour décarboner et électrifier la consommation des Français : le transport, le bâtiment et l’industrie. Et prépare un vaste plan d’investissement pour y répondre, avec un tiers de milliard investi dans la Région chaque année jusqu’en 2040. Une somme qui doit permettre d’accompagner le plan national d’électrification, qui vise notamment à ce que deux tiers des véhicules soient électriques en 2030, à multiplier les points de recharge électriques par trois, à augmenter le nombre de pompes à chaleurs, à accueillir plus de data centers ou encore à augmenter la part de l’électricité dans les mix énergétiques des industriels. Une foule de nouvelles installations, qui se conjugue avec un besoin de modification et d’adaptation des lignes du réseau, de plus en plus soumises aux aléas climatiques.
Accompagner la transition de l’industrie
"Nous avons l’énergie la moins chère d’Europe, la plus décarbonée et la plus fiable. Pour un industriel avec des process sensibles, c’est un vrai atout", estime Hervé Luthringer. En plus d’attirer de nouveaux industriels, le plan vise également à convertir à l’électrique un certain nombre d’entreprises fonctionnant avec de l’énergie fossile. En Lorraine, Enedis a ainsi accompagné la transition de Saint-Gobain PAM, qui a notamment installé en 2025 le four électrique "Vulcain", dans son usine de Foug, en Meurthe-et-Moselle. "Cela a représenté près de deux ans de travail : nous les avons accompagnés dès le début. Il a fallu tirer des câbles haute tension souterrains sur 4 kilomètres, modifier un poste électrique, ou encore installer un nouveau transformateur de 56 tonnes,
Enedis travaille par ailleurs avec le cimentier français Vicat (CA : 3,8 Md€ ; 10 000 salariés), qui a annoncé mobiliser 7,5 millions d’euros pour électrifier le broyeur de sa cimenterie de Xeuilley, en Meurthe-et-Moselle. En parallèle, l’énergéticien travaille avec trois autres entreprises sur le territoire pour des projets similaires. Leur identité n’est pas communiquée.
"Nous sommes passés de gestionnaires d’infrastructures à gestionnaires de flux."
En 2025, Enedis a effectué 15 000 raccordements dans le Grand Est, de nouveaux sites souhaitant se relier au réseau électrique, mais aussi de raccordement d’installations de production d’électricité, comme des panneaux solaires et éoliens, pour injecter de l’électricité dans le réseau. Par exemple, les logisticiens investissant dans l’électrique effectuent régulièrement des demandes de raccordement pour l’installation de nouvelles bornes de recharge électriques aux abords de leurs entrepôts ou sur les bords d’autoroute. "Les demandes de raccordement sont en forte hausse : nous sommes passés de gestionnaires d’infrastructures à gestionnaires de flux", analyse Hervé Luthringer.
Recruter et former le personnel de demain
Pour répondre à ces besoins, Enedis a embauché 220 personnes dans le Grand Est en 2025, dont une moitié de CDI et une moitié de contrat d’alternance. L’énergéticien poursuivra sur la même dynamique en 2026. Pour trouver de nouvelles recrues, Enedis a noué un partenariat avec l’Éducation Nationale nommé "École des réseaux pour la transition énergétique", ayant pour objectif de préparer les jeunes engagés dans des bacs pros et BTS aux métiers d’électricien, en orientant 30 % de leurs cours sur les réseaux électriques. 21 lycées sont partenaires de cette initiative dans le Grand Est.