Le groupe marseillais CVE, installé à Marseille depuis maintenant quinze ans, et positionné sur la production d’énergie renouvelable (électricité et gaz verts) a récemment racheté le groupe Biolid (9 collaborateurs ; CA : 13,6 millions d’euros), via sa filiale CVE Biogaz. "Le biogaz représente près de 20 % de l’énergie globale consommée en France", confie Pierre de Froidefond, président du groupe CVE (450 collaborateurs ; CA 2023 : 91 M€). "Nous sommes positionnés sur ce marché depuis maintenant dix ans. Le rachat de Biolid nous permet d’intégrer la collecte et la revente de bio déchets auprès des agriculteurs", ajoute-t-il. CVE Biogaz évolue en effet sur trois métiers. L’entreprise collecte dans un premier temps des déchets organiques. À partir de ces déchets, elle produit ensuite du gaz et, enfin, elle épand le reste chez des agriculteurs en remplacement d’engrais chimiques.
Sécuriser ses approvisionnements
"Nous avons choisi de nous positionner sur l’ensemble de cette chaîne de valeur et nous avions besoin de nous renforcer sur la collecte et l’apport en déchets, précise Pierre de Froidefond. Quand on fait du photovoltaïque, on ne se pose pas ce genre de questions. Le soleil est toujours là. En biogaz, en revanche, il est essentiel de sécuriser les approvisionnements". En 2022, CVE Biogaz avait déjà racheté l’entreprise lyonnaise Ecovalim, qui collecte des biodéchets alimentaires et notamment les invendus de la grande distribution. Au total, ce sont 600 000 tonnes de matières organiques que l’entreprise a sécurisées et qu’elle peut utiliser dans ses unités de production de gaz. Un volume qui lui permet de produire 320 GW/h/an de bio méthane. "Notre ambition d’ici à 2030 est de sécuriser environ 2 millions de tonnes par an de biodéchets, dont nous utiliserions 1,5 million de tonnes et nous revendrons le reste", ajoute le dirigeant. CVE Biogaz compte actuellement onze sites de production en France et en vise une soixantaine à l’horizon 2030.
Prestations de services pour les agriculteurs
"La production de biogaz est plus complexe que le photovoltaïque par exemple. Il y a non seulement la sécurisation des intrants, mais également la problématique liée aux installations classées, reprend Pierre de Froidefond. Nous fabriquons du gaz. Il faut également pouvoir se raccorder à un réseau existant. Nous commençons la concertation avec les parties prenantes très en amont des projets. L’écoulement du digestat, issu du processus de fabrication, constitue un enjeu important". CVE Biogaz a ainsi mis en place des prestations de service dédiées aux agriculteurs via des entreprises de travaux agricoles. "Nous proposons une offre complète. L’utilisation du digestat est moins coûteuse que le recours aux engrais chimiques, tout en offrant un bilan carbone avantageux", précise Pierre de Froidefond.
Depuis le 1er janvier 2024, le tri des déchets organiques s’impose aux collectivités, via la loi Agec (anti-gaspillage pour une économie circulaire). "Elles doivent collecter et valoriser, notamment en compostage et méthanisation. Nous répondons à cette nouvelle problématique". La mise en place d’une unité de méthanisation nécessite de 15 à 20 millions d’euros d’investissement, près du double d’un parc solaire, au sol, de 10 MW/h, qui lui est estimé de 8 à 10 millions d’euros.
L’ensemble des installations (solaire, biogaz, hydroélectricité) du groupe CVE permet de couvrir les besoins en énergies d’une population d’environ 610 000 habitants. En Région Sud, le groupe compte 74 centrales, qui permettent de fournir une quantité d’énergie qui pourrait alimenter une ville d’au moins 25 000 habitants.