En CSE extraordinaire, la direction de la société ArcelorMittal Centres de Services a annoncé le 19 novembre une réorganisation de l’entreprise et une adaptation de ses moyens de production. "Ce projet inclut le possible arrêt des sites de production ArcelorMittal Centres de Services de Reims et de Denain", communique ArcelorMittal.
D’après les chiffres des syndicats, 130 emplois, dont près de 30 à Denain (Nord) et 100 à Reims (Marne) sont menacés, sur 480 en France dans la filiale du géant de l’acier. "On s’attendait à un plan social, mais pas à des fermetures. À ArcelorMittal Centres de Services, nous étions 710 salariés en 2019. Aujourd’hui nous sommes 480 et nous allons passer à 350", chiffre David Blaise, délégué CGT. La filiale du géant de l’acier est spécialisée dans la transformation de bobines d’acier. Le site de Reims est principalement positionné sur les secteurs de la construction et du machinisme agricole, alors que Denain opère surtout pour l’industrie et le domaine ferroviaire.
Un contexte économique difficile
"Dans un contexte économique difficile, la société ArcelorMittal Centres de Services est confrontée à une forte baisse d’activité chez ses clients Industrie et Automobile qui s’est accélérée ces derniers mois", explique le groupe. D’après les syndicats, l’activité automobile représente 60 % des commandes de la filiale d’ArcelorMittal.
"La CGT dénonce fermement ces suppressions d’emplois et ces fermetures injustifiées, rappelant que le groupe ArcelorMittal reste extrêmement rentable, avec des profits records réalisés depuis plusieurs années", réagit le syndicat dans un communiqué. La CGT évoque encore le fait que l’entreprise a "largement bénéficié d’aides publiques (APLD) depuis 2022".
Des commandes qui baissent
D’après les syndicats, le site de Reims accuse une baisse de son activité de 50 % par rapport à 2022. "Une partie de notre carnet de commandes est partie aux concurrents : ArcelorMittal applique une politique des prix qui augmentent. Et il y a du carnet de commandes qui est parti à l’étranger, sur l’un des sites du groupe en Pologne", précise David Blaise.
"Limiter l’impact sur l’emploi"
"Des négociations avec les organisations syndicales auront lieu sur les mesures sociales afin de limiter l’impact sur l’emploi", précise ArcelorMittal. L’entreprise a convié les partenaires sociaux à une nouvelle réunion prévue fin novembre, dans le cadre du processus d’information et de consultation. "Nous ne voulons pas négocier un chèque de départ mais maintenir les outils de production et les emplois. Il faut diversifier notre production vers d’autres clients : par exemple, nous n’avons pas su prendre le virage automobile vers l’électrique", vise David Blaise.
À l’annonce d’une potentielle fermeture, les salariés des deux sites se sont mis en grève et l’intersyndicale, regroupant la CGT, la CFDT, FO et CFE/CGC appelle à un rassemblement le lundi 25 novembre, pendant la réunion du CSE, puis à une "journée noire le mardi 26 novembre avec des rassemblements sur les huit sites français".