Loire-Atlantique

Industrie

La fonderie Bouhyer freinée dans sa croissance par le manque de main-d’œuvre

Par Cyril Raineau, le 05 juillet 2022

Le carnet de commandes de la fonderie Bouhyer, à Ancenis (Loire-Atlantique), est complet pour les deux prochaines années. Mais la hausse du coût de l’énergie et surtout la pénurie de personnel imposent de faire patienter les clients, au risque de les perdre.

La fonderie Bouhyer à Ancenis est leader européen de la fabrication de contrepoids en fonte. Elle peine à recruter du personnel pour accompagner ses marchés.
La fonderie Bouhyer à Ancenis est leader européen de la fabrication de contrepoids en fonte. Elle peine à recruter du personnel pour accompagner ses marchés. — Photo : Cyril Raineau

Comment s’écrira l’avenir du groupe Bouhyer ? D’un côté, la fonderie familiale basée à Ancenis (Loire-Atlantique) peut le dessiner avec optimisme, le carnet de commandes étant plein pour deux ans. De l’autre, plusieurs obstacles se dressent à l’horizon, dont la hausse du coût de l’énergie et surtout la pénurie de personnel.

Le groupe, qui possède un site à Ancenis (240 collaborateurs) et un second dans les Ardennes (60 salariés), est leader européen de la fabrication de contrepoids en fonte pour le lestage des engins mobiles de travaux (son concurrent numéro un FMGC se situe à quelques kilomètres de là, à Soudan). 60 000 tonnes de matière première sont traitées chaque année par cette entreprise de 180 ans d’âge. Bénéficiant pleinement de la reprise post-Covid, Bouhyer a terminé 2021 avec un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros (+20 % par rapport à 2019).

Une hausse des prix de l’énergie source de tension avec les clients

La PME exporte 90 % de sa production, essentiellement vers l’Allemagne (pour la construction d'engins de travaux publics). Les constructions ayant repris (stades, gros équipements…) et le marché des énergies renouvelables étant en pleine croissance, Bouhyer a vu les commandes affluer.

D’autant que des clients se détournent de la Chine, remarque la directrice générale de Bouhyer, Chiara Danieli. En cause, "les coûts de transport et de logistique, mais aussi la non-fiabilité de certains partenaires chinois", remarque-t-elle. Conséquences, "nous avons reçu plus de 120 demandes de chiffrage depuis le début de l’année, du jamais vu."

Reste que l’optimisme est refroidi par la hausse du coût de l’énergie : celui de l’électricité a été multiplié par sept depuis le début de l’année, celui du gaz par cinq en dix mois. La PME répercute la hausse sur ses clients, source de tensions commerciales. Pour mieux contrôler ses dépenses énergétiques, Bouhyer est justement engagé dans un vaste plan d’investissement de 20 millions d’euros pour réduire son empreinte environnementale, entraînant notamment une meilleure performance énergétique.

Des commandes mises en attente

En pleine relance, la fonderie doit toutefois composer avec une pénurie cruelle de personnel. "Il nous manque 15 à 20 personnes par jour, remarque le PDG Alain Mimouni, et nous ne pouvons répondre aux nouvelles commandes avant 2024."

Recruter "est notre plus grand défi, abonde Chiara Danieli. Sur le secteur d’Ancenis, le taux de chômage est l’un des plus bas de France, le coût de la mobilité pour les collaborateurs augmente, celui du logement s’est aggravé avec la pandémie, et il manque des centres de formation pour les jeunes qui partent vers d’autres territoires." Malgré des CDI à pourvoir et une formation en interne, allant même jusqu’à l’apprentissage du français pour les étrangers, "il est impossible de faire venir du personnel", déplore-t-elle.

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