Les femmes qui portent le voile sont-elles discriminées à l’embauche pour un apprentissage ? Une étude de l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) s’est attachée à répondre à cette question. Le constat est sans appel : le voile diminue de 80 % les chances d’obtenir une réponse positive à une candidature spontanée pour un contrat d’apprentissage. Dans un secteur du travail où les discriminations selon l’origine sont minorées, l’ONDES a abouti à ce chiffre au terme d’un test mené auprès de 2 000 PME recrutant des alternants comptables. L’observatoire a envoyé à chacune d’entre elles deux paires de candidates fictives, une voilée, l’autre non. Au total, le port du hijab "abaisse de plus de 80 % les chances de recevoir une réponse positive", note l’enquête. Et ce, indépendamment de l’origine de l’étudiante, qu’elle soit française ou maghrébine. "il convient donc de distinguer strictement les pénalités associées à l’origine et celles associées à la religion, qui peuvent se cumuler ou se compenser selon les situations", conclut ainsi l’ONDES.