Lyon

Technologies

Agritech : Exo.expert aide les agriculteurs à limiter l'utilisation de fertilisants

Par Coline Bérard, le 15 septembre 2022

Spin-off issue de la cellule innovation de Groupama Rhône-Alpes Auvergne, la start-up lyonnaise Exo.expert développe une offre de cartographie permettant de limiter les impacts de la surconsommation de fertilisants sur l'environnement en même temps que le bilan comptable des agriculteurs.  

Le dispositif d'Exo.Expert permet de cartographier des parcelles à l'aide d'un drone et d'une application logicielle.
Le dispositif d'Exo.Expert permet de cartographier des parcelles à l'aide d'un drone et d'une application logicielle. — Photo : Exo.expert

Sécheresse, passage de gibier, besoin des sols en azote : difficile pour les agriculteurs d’estimer la santé de leurs terres d’un seul coup d’œil et d'apporter la bonne dose d'engrais aux besoins de chaque parcelle. Créée en janvier 2022, la start-up lyonnaise Exo.expert conçoit différentes offres basées sur une application de cartographie connectée à un drone, à destination des experts et des agriculteurs.

Fondée par quatre jeunes ingénieurs diplômés de l’INSA et de l’Institut Agro Dijon, la jeune société est une spin-off de la cellule innovation de Groupama Rhône-Alpes Auvergne. Constituée en société depuis janvier 2022, Exo.expert compte bien, avec le soutien de l’assureur actionnaire à hauteur de 20 % et grâce au prêt de 250 000 euros que Bpifrance vient de lui accorder, devenir un des fleurons de l’ "agritech" (nouvelles technologies dans le domaine de l'agriculture) française.

50 euros d’économies par hectare

La première offre d'Exo.expert, imaginée dès 2016 par la structure, propose aux experts agricoles une application de cartographie connectée à un drone, destinée à évaluer les dégâts dans les cultures (passage de gibier ou sinistres liés à la météo) afin d’indemniser les exploitants agricoles de manière plus juste. Les deux autres solutions permettent la modulation d’engrais azotés ou de produits phytosanitaires. Cette fois, les offres s’adressent directement aux agriculteurs, et proposent de réduire les investissements grâce au survol de parcelles avec un drone pour évaluer les besoins réels en engrais azoté. L’application promet en moyenne 50 euros d’économies par hectare pour l’agriculteur (prix du service déduit) tout en limitant les impacts sur l’environnement. Finalement, l’offre "vigne" permet de cartographier les vignobles à l’échelle centimétrique, notamment dans l’objectif de ne pas dépasser les bords des parcelles lors des traitements, promettant près de 20 % d’économie de produit.

Alan Usseglio Viretta, président de la start-up lyonnaise Exo.Expert
Alan Usseglio Viretta, président de la start-up lyonnaise Exo.Expert - Photo : Exo.expert

Une conjoncture favorable

"Nous prévoyons un chiffre d'affaires de 400 000 euros pour notre premier exercice fiscal de 22 mois, qui se clôt fin août 2023. Avec près de 30 000 euros de chiffre d'affaires mensuel, nous avons déjà presque atteint la moitié de nos prévisions en seulement six mois d’activité", se félicite Alan Usseglio Viretta, président d’Exo.expert. En effet, entre la sécheresse estivale et l’augmentation rapide du prix de l’engrais azoté du fait du conflit entre la Russie et l’Ukraine, la start-up a vu son activité exploser.

L’entrepreneur de 23 ans compte bien continuer sur sa lancée. "Nous prévoyons d’atteindre après trois exercices 2,5 millions d'euros de chiffre d'affaires", anticipe le jeune dirigeant, qui dédie aujourd'hui 150 000 euros à la R & D, notamment pour développer l’intégration des images satellitaires qui seront utiles aux prochains services commercialisés par la start-up. Exo.expert compte passer de six collaborateurs aujourd’hui à une dizaine d'ici à la fin de l’année, notamment des ingénieurs agronomes et développeurs informatiques.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition