Créé en 2017, le récolteur et transformateur d’algues costarmoricain Symbiomer (CA d’1,6 M€ en 2024, 17 salariés) passe à la deuxième phase de son développement. "Dans un premier temps, l’entreprise a exclusivement vendu les algues comme ingrédients pour la fabrication de produits fertilisants naturels à des industriels comme Bio3G ou Goëmar, explique Jean Farman, DG et associé de la PME au côté d’Alexis Bouvet, président fondateur. Nous passons à la deuxième étape de notre développement avec le lancement de deux produits utilisables par le consommateur final, pour une marge supérieure, et adressés aux coopératives, aux agriculteurs et aux gestionnaires d’espaces verts."
En test pendant un an et demi dans le monde
Ces deux produits sont testés depuis un an et demi chez plusieurs partenaires, en France mais aussi à l’étranger, principalement en Amérique du Sud. "Pour avoir des retours de leur efficacité en fonction des types de culture, climats et sols différents", reprend Jean Farman. Ils seront lancés au cours du premier semestre et devraient représenter 70 à 80 % du chiffre d’affaires dans les 5 ans.
Ces produits sont constitués de granulés (algue déshydratée et compactée) et de solutions liquides obtenues grâce à une technologie brevetée. "Ce sont des solutions de fertilisation naturelle, composées d’algues à 100 %, qui permettent notamment de réveiller et stimuler les sols pour accélérer la reprise de la vie après récolte", reprend le dirigeant.
Récupération de l’eau issue du séchage
Ces vertus proviennent d’une technologie de séchage innovante de Symbiomer, qui permet aux algues de conserver tous leurs nutriments. Une opération réalisée avec un air à 40° maximum et qui se déroule en 48 heures. Le process comprend également une récupération de l’eau issue du séchage qui est réutilisée dans la fabrication des solutions liquides.
La distribution se fera principalement via des distributeurs (coopératives agroalimentaires par exemple) dans un premier temps. "Les agriculteurs peuvent utiliser le produit liquide en épandage, en y ajoutant éventuellement d’autres produits", reprend Jean Farman. À terme, une gamme dédiée au jardin sera proposée via différents canaux de commercialisation.
Traitement de 10 à 12 tonnes d’algues par jour
La PME costarmoricaine traite 10 à 12 tonnes d’algues par jour, qu’elle récolte (algues de rive) et pêche (algues de fonds) sur le trait de côte des Côtes-d’Armor via des droits d’accès à la ressource. "Nous sommes sans doute la seule entreprise à avoir internalisé la récolte et la primo-transformation des algues", se félicite le directeur général. Son outil de production date de son installation, finalisée en 2022, dans un bâtiment réhabilité de 2 300 m². Le tout pour un investissement total de 3 millions d’euros.
La PME va continuer parallèlement à produire ses farines et granulés d’algues qu’elle vend aux producteurs de fertilisants pour les sols et les plantes, son activité historique. "Si les algues sont les plus utiles dans l’agriculture, notamment pour diminuer l’utilisation des intrants chimiques, nous sommes en veille sur d’autres utilisations", conclut Jean Farman.