De 91 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015 à 50 millions attendus pour cette année. Flauraud (Aurilis Group) est confronté depuis plusieurs années à une érosion continue de son activité, dans un marché en pleine mutation technologique. Ce spécialiste de la distribution de pièces détachées automobiles, dont le siège social se situe au Brezet à Clermont-Ferrand, dispose aujourd’hui de capacités surdimensionnées et a lancé un vaste plan stratégique de réorganisation.
Le groupe, fondé en 1931, entend ainsi restaurer sa compétitivité, après des difficultés aggravées par les crises successives de ces dernières années. "La société était déphasée par rapport à son marché. Nous avions un problème de positionnement et une structure inadaptée. Nous faisons également face à une concurrence féroce, qu’elle vienne d’acteurs traditionnels ou du e-commerce, qui nous grappillent des parts de marché", analyse Cédric Kuhn, directeur général de Flauraud.
9 magasins et 102 salariés menacés
Le projet envisage notamment la fermeture de neuf des vingt-sept magasins du groupe. "Sont concernés les points de vente les moins profitables, ceux qui ont ouvert récemment, qui ont une profondeur de stock faible et qui n’ont pas trouvé leur clientèle", précise le dirigeant nommé en début d’année.
Cette transformation s’accompagne également d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Ce dernier, qui vient d’être revu à la baisse, prévoit le départ de 102 salariés sur les 309 que compte le groupe. Les discussions avec les représentants du personnel doivent se poursuivre jusqu’au 24 juin.
Élargissement de l’offre
Après avoir été détenu pendant dix ans par le distributeur automobile suisse Emil Frey, Flauraud a été repris en début d’année par le fonds FairCap, spécialisé dans les retournements d’entreprises. "Nous pouvons nous appuyer sur son expertise et bénéficier de synergies avec ses autres entités, également présentes dans le secteur automobile", souligne Cédric Kuhn.
Pour incarner cette nouvelle feuille de route, Flauraud vient de nommer Steven Jouve au poste de directeur commercial. "Le premier chantier consiste à réadapter et à élargir nos gammes, ainsi que notre couverture pour répondre aux attentes de nos clients. Cela passera par une montée en gamme avec des marques plus premium, un recentrage sur nos magasins historiques du Sud-Ouest, le développement du segment de la pièce technique, et la reconquête de nos clients grands comptes comme Euromaster ou Feu Vert", détaille le directeur général de Flauraud.
Cette année de transition s’annonce donc décisive pour Flauraud, qui entend se repositionner comme un acteur incontournable de la distribution indépendante de pièces automobiles.