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Le fabricant automobile No Smoke se trouve un nouvel actionnaire majoritaire
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Le fabricant automobile No Smoke se trouve un nouvel actionnaire majoritaire

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La société No Smoke s'apprête à changer d'actionnaire majoritaire. Elle a restructuré ses effectifs et travaille déjà à des synergies entre son modèle de voiture électrique compacte "Original" et celui de la société ardéchoise de son repreneur, E-Classic. La question du devenir de la future usine de la start-up industrielle Kate, qui avait racheté No Smoke en 2022, reste en suspens.

La fabrication du modèle "Original" de Kate à Cerizay (Deux-Sèvres) — Photo : STB360

Fin du suspense pour No Smoke, fabricant de véhicules tout-terrain compacts électriques (modèle "Original"), basé à Cerizay (Deux-Sèvres). Placé en redressement judiciaire en mai dernier, il a présenté ce mardi 5 novembre une offre de reprise devant le tribunal de commerce de Niort.

Nouvel investisseur et réorganisation

Le nom du futur repreneur est connu : il s’agit de Patrick Sévian, un industriel qui possède la société E-Classic (ex MLT Automotive), une société d’une "vingtaine de personnes" basée au Pouzin (Ardèche). Elle fabrique notamment l’E-Story, un modèle électrique réplique de la Méhari, très proche du modèle développé par No Smoke.

"Il souhaite développer son activité et nous a envoyé une offre de reprise en août. Il va injecter deux millions d’euros dans No Smoke en augmentation de capital et récupérer, en échange, 70 % des parts", révèle Paul Quéveau, directeur général de No Smoke. Cette reprise n’augure aucune restructuration spécifique pour No Smoke. "On avait déjà réorganisé l’entreprise pendant la période d’observation et réduit les effectifs pour les remettre en adéquation avec les capacités de l’entreprise. Le plan de continuation présenté au tribunal de commerce présentait des mesures d’économie et de restructuration déjà réalisées", poursuit le dirigeant.

Synergies communes

L’entreprise, passée de 25 personnes à 17, commence déjà à développer et anticiper des synergies avec son nouvel actionnaire. "Elles porteront principalement sur l’achat de pièces. On partage déjà le même moteur Valeo et on va pouvoir acheter en plus grande quantité".

Une baisse du coût de fabrication des deux véhicules est ainsi espérée, ainsi qu’une "homogénéisation de l’approvisionnement des faisceaux et des batteries". Les batteries, c’est précisément ce qui avait mené No Smoke au redressement, plus précisément "la production d’une série de véhicules en 2021 comportant des batteries défectueuses, livrées par un fournisseur français qui a depuis disparu. Cette situation a généré beaucoup de SAV. Il a fallu racheter des véhicules, faire du rétrofit", avait expliqué en mai dernier Paul Quéveau.

No Smoke compte aussi faire des économies en marketing et en communication. "Les deux véhicules sont très complémentaires, même si la typologie de clients n’est pas la même : nous sommes très bord de mer et littoral, l’E-Story cible plutôt une clientèle campagne et loisirs". Les deux véhicules jouent déjà en tir groupé : présents en ce moment au salon EquipHotel à Paris sur un stand commun, ils comptent déjà réitérer l’expérience lors d’un futur salon Classic Car Show à Bruxelles mi-novembre. No Smoke table toujours une centaine de véhicules produits cette année et en "vise au moins 120 l’année prochaine". L’entreprise vient de signer avec un distributeur au Pays Bas, a livré un modèle à Saint-Barthélemy à la fin de l’été et poursuit des discussions avec un autre distributeur à l’Île Maurice. Nous essayons de nous développer dans les îles", poursuit Paul Quéveau. Le rachat devrait être effectif mi-novembre.

Le développement de Kate "toujours en cours"

Les questions restent en suspens, en revanche, quant au devenir du projet d’usine de la start-up Kate, qui avait racheté No Smoke et reçu en mars 2024 un financement de 10 millions d’euros de Bpifrance. Elle prévoyait d’industrialiser son modèle de microvoiture électrique K1 au sein d’une usine de 9 000 à 10 000 m2 à Rorthais (Deux-Sèvres), située sur un terrain d’une vingtaine d’hectares. Un investissement qui n’est toujours pas réalisé : "l’achat des 17 hectares et du bâtiment […] a été reporté pour la deuxième fois en septembre", précise le quotidien Le Courrier de l’Ouest. Les plans initiaux prévoyaient une sortie du modèle K1 en 2026 et la fabrication de 200 véhicules par jour à horizon 2027, toutes séries confondues. "Le projet est toujours en cours", glisse Paul Quéveau.

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