En négociations depuis novembre 2025 pour une nouvelle restructuration de sa dette, le groupe Casino a annoncé ce lundi 6 juillet avoir reçu "des propositions fermes" de ses créanciers et de son actionnaire principal FRH. Une annonce qui met, de fait, un terme à 7 mois de bras de fer entre les deux parties.
Passé en 2024 sous le contrôle de FRH — le véhicule d’investissement du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky et de Fimalac, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière — le distributeur stéphanois doit rembourser 1,4 milliard d’euros en mars 2027. Un montant dont il ne pourra pas s’acquitter d’ici cette date, d’où les négociations pour une nouvelle restructuration de cette dette "d’ici la fin du second semestre 2026".
Des offres diamétralement opposées
Dans son communiqué du jour, Casino précise que "chacune de ces propositions serait massivement dilutive pour les actionnaires actuels". En date du 30 juin, la dernière proposition de FRH prévoit de convertir 610 millions d’euros de dette en capitaux propres et d’injecter 495 millions d’euros de nouveaux fonds (via des augmentations de capital d’un montant total de 550 M€). Le tout en sécurisant les lignes de financement bancaire. En contrepartie, FRH détiendrait 66,8 % du groupe (contre 53 % aujourd’hui).
Un scénario qui n’est pas du goût des créanciers qui entendent prendre le contrôle du groupe. Ces derniers proposent de convertir 1,36 milliard d’euros de dette en actions. Seuls 50 millions d’euros de cette dette seraient "conservés et réinstallés". Les créanciers injecteraient par ailleurs 400 millions d’euros de fonds propres en numéraire afin de soutenir la trésorerie et les besoins financiers du groupe.
En contrepartie de ce désendettement massif, ils obtiendraient 99,9 % du capital du groupe, dans "l’hypothèse de non-participation à l’augmentation de capital par les actionnaires existants", précise leur offre.
Une réunion "à brève échéance" pour examiner ces offres
Diamétralement opposées, ces offres feront l’objet d’une réunion "à brève échéance" des organes de gouvernance du groupe "afin d’examiner les positions respectives et d’arrêter en juillet les termes de la modification du plan de sauvegarde qui sera soumise au vote des parties affectées (actionnaires, banques, créanciers, NDLR) puis au Tribunal des affaires économiques de Paris", précise le communiqué.
Le tribunal décidera de l’avenir de la dette
Les négociations entre les créanciers et l’actionnaire majoritaire ayant échoué ce sera donc au tribunal d’arbitrer le devenir de la dette de Casino. Avec en ligne de mire un enjeu majeur : permettre le financement du plan Renouveau 2030 et, in fine, la survie du groupe.