Mary, le groupe de distribution automobile fondé par François Mary en 1996 à Lisieux (Calvados), compte parmi les fleurons des entreprises normandes : affichant un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros en 2025 et employant 2 100 collaborateurs, l’ETI 100 % familiale est aujourd’hui présente à travers 85 points de vente, répartis dans les cinq départements de la Normandie, dans quatre départements sur les cinq de la région Hauts-de-France (Aisne, Somme, Oise et Pas-de-Calais) ainsi qu’en Eure-et-Loir en région Centre-Val de Loire.
Peugeot d’abord, Citroën ensuite
François Mary commence par reprendre l’entreprise de son propre patron en 1996. Puis, il acquiert une première concession à Deauville. Suivront la quasi-totalité des concessions Peugeot de Basse-Normandie jusqu’en 2007. De 2008 à 2014, le développement se poursuit en Basse-Normandie par l’absorption de concessions Peugeot. À partir de 2014, une nouvelle marque fait son apparition, avec la reprise des affaires Citroën à Mortagne-au-Perche, Argentan et Alençon (Orne). "Historiquement, lorsqu’on travaillait dans une marque, le constructeur ne souhaitait pas qu’on en sorte, confie François Mary, président du groupe qui porte son nom. Mais à partir de 2014, les constructeurs se sont ouverts aux multimarques".
Le groupe a quasiment triplé depuis 2018
Trois phases de croissance majeure ont accéléré le développement de l’entreprise, qui a quasiment triplé depuis 2018 : tout d’abord, après la reprise du groupe Tuppin dans les Hauts-de-France en 2022 avec lequel Mary s’était associé dès 2018.
Puis, la reprise des marques Renault en Seine-Maritime (Rouen, Barentin et Le Havre) en 2022 a donné un coup d’accélérateur à la croissance. "Nous sommes arrivés en Seine-Maritime, qui était au milieu de notre territoire géographique, car nous étions présents en Basse-Normandie et en Hauts-de-France, mais pas au milieu", remarque Victor Mary, directeur des marques Renault, Dacia, Alpine et de l’activité Cycles. Reprendre Renault en Seine-Maritime constituait aussi un symbole fort. "C’est la première marque distribuée en France et nous avons racheté des affaires à Renault Retail Group, dont les usines sont dans ce département", rappelle François Mary. Aujourd’hui, les véhicules neufs de Renault (comprenant les trois marques Renault, Dacia et Alpine) représentent un tiers du volume des ventes Mary en véhicules neufs.
Enfin, en 2023 a eu lieu la reprise du groupe JFC Normandie, positionné sur le même secteur géographique que Mary.
Un métier qui externalise des branches d’activité
"Notre activité est divisée en plusieurs métiers, décrit François Mary. La vente de véhicules neufs (41 % du chiffre d’affaires) et celle des véhicules d’occasion (23 %), la réparation mécanique et celle de carrosserie (13 %), ainsi que la distribution de pièces de rechange (19 %). Il y a 30 ans, tous ces métiers étaient intégrés au sein d’une concession automobile. Au fil des années, plusieurs activités ont été externalisées".
Mary a créé deux plateformes de pièces de rechange (à Caen dès 2007, puis à Saint-Quentin dans l'Aisne). Mais aussi deux centres de reconditionnement de véhicules d’occasion (également à Caen en 2018, puis à Saint-Quentin), qui abritent aussi la préparation des véhicules neufs. Ce sont eux, avec les nouvelles mobilités vélo (lancée en 2020), moto (lancée en 2009) ainsi que les activités recyclage ou location de véhicules qui apportent les 4 % restants du chiffre d’affaires de Mary.
Mary dispose enfin de l’équivalent de 300 millions d’euros de stocks de véhicules, dont 50 % de véhicules neufs, 40 % de véhicules d’occasion, les 10 % restants étant absorbés par les pièces de rechange.
"On a amené d’autres métiers à la distribution automobile. Car, si nous étions restés dans une distribution classique, nous ne serions plus là."
Sont restées au sein des concessions, la distribution des véhicules neufs et des véhicules d’occasion, ainsi que les réparations mécaniques et carrosserie. Puis d’autres métiers ont été ajoutés à la distribution automobile : le transport de véhicules, le recyclage, la location de véhicules. "On a amené d’autres métiers à la distribution automobile. Car, si nous étions restés dans une distribution classique, nous ne serions plus là. On apporte aujourd’hui tous les services de la mobilité, tranche le président. La distribution de voitures neuves rapporte très peu d’argent. La rentabilité de concession, toutes marques, sur 10 ans représente moins de 1 % du chiffre d’affaires".